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Traque contre les jihadistes : L’armée burkinabée accusée d’avoir exécuté 115 civils

  • Source: : Web-News | Le 22 mars, 2019 à 12:03:04 | Lu 387 fois | 0 Commentaires
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Traque contre les jihadistes : L’armée burkinabée accusée d’avoir exécuté 115 civils

Selon un rapport de Human Rights Watch, intitulé « Nous avons retrouvé leurs corps plus tard ce jour-là : Atrocités commises par les islamistes armés et par les forces de sécurité dans la région du Sahel au Burkina Faso »,  publié ce vendredi 22 mars 2019, les forces de sécurité burkinabées ont exécuté plus de cent personnes dans la traque contre les terroristes islamistes.

« Le rapport de 65 pages analyse plus de 40 meurtres commis par des groupes armés islamistes et ciblant surtout des personnes suspectées de collaborer avec le gouvernement, mais aussi l’exécution par les forces de sécurité burkinabées de plus de 115 hommes accusés de soutenir ou d’héberger les islamistes armés. Le gouvernement burkinabé a promis d’enquêter sur ces allégations. Les acteurs internationaux clés, comme le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui doit se rendre au Burkina Faso fin mars, devraient presser le gouvernement d’aller jusqu’au bout de cet engagement.

« Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées dans le cadre de ce qui constitue une brutale détérioration de la situation des droits humains dans le nord du Burkina Faso », a déclaré  Corinne Dufka, directrice pour le Sahel à Human Rights Watch. « Les villageois vivent dans la peur alors que les forces du gouvernement, tout autant que les islamistes armés, ont démontré leur mépris total à l’égard de la vie humaine. »

Human Rights Watch a interrogé 92 victimes et témoins des abus, ainsi que des leaders communautaires, des responsables du gouvernement et des analyses en matière de sécurité, entre autres. Les abus décrits se sont produits dans 32 villages de la région du Sahel, entre le milieu de l’année 2018 et février 2019. Ce travail s’appuie sur de précédentes  recherches menées par Human Rights Watch au Burkina Faso en 2018.

Depuis 2016, des groupes islamistes armés liés à la fois à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et à l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) ont attaqué au Burkina Faso des bases de l’armée, de la police et de la gendarmerie, ainsi que des cibles purement civiles. Même si la violence et l’insécurité se sont propagées à travers tout le pays, l’épicentre demeure la région du Sahel, au nord, frontalière du Mali et du Niger. 

Les témoins ont décrit le meurtre présumé de 42 civils par des islamistes armés, apparemment en raison de leurs liens, véritables ou supposés, avec le gouvernement, ou parce qu’ils avaient appuyé la formation d’un groupe d’autodéfense. La plupart des victimes appartenaient aux communautés ethniques foulsé ou bella. Les témoins ont déclaré que les islamistes avaient enlevé et intimidé les chefs locaux, dérobé du bétail et réquisitionné des ambulances. Ils ont également rapporté que les islamistes interdisaient aux villageois de célébrer les mariages et les baptêmes, et parfois aux femmes d’avoir une vie sociale ou de vendre au marché.

Un villageois a déclaré que les islamistes armés avaient ouvert le feu à l’intérieur de sa maison, tuant trois membres de sa famille et en blessant deux autres, lors de l’attaque du village de Gasseliki qui a coûté la vie à 12 personnes en janvier.

« Ils ont enfoncé la porte, sont allés d’une pièce à l’autre et nous ont trouvés en train de nous cacher », a déclaré cet homme. « Puis ils ont fait feu, dans un déluge de balles qui a tué trois hommes. »  Un autre témoin a décrit que les islamistes avaient tué neuf hommes, dont deux frères, lorsqu’ils ont attaqué le village de Sikiré le 27 janvier.

« Les gens sont envahis par la peur », a déclaré un agriculteur du village. « Aucun homme de plus de 18 ans n’ose plus dormir chez lui, de peur d’être enlevé, ou pire. » De nombreux villageois ont décrit des vols de bétail à grande échelle qui mettent en péril les moyens de subsistance de villages entiers. »

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Auteur: Cesar-ivoirematin.com - Web-News


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