Crise de la grippe aviaire à Grand-Bassam : Les aviculteurs en attente de l’indemnisation définitive

  • Source: : Ivoirematin-News | Le 19 mai, 2022 à 22:05:02 | Lu 524 fois | 0 Commentaires
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Les basse-cour, désespérément vides, abandonnés à leur triste sort.


Les aviculteurs des villages de Mondoukou, Moamé et Modeste, dans le département  de Grand-Bassam ne savent plus à quel saint se vouer. En effet, après plusieurs mois d’attente, ils ont été indemnisés le 3 février 2022, au cours d’une cérémonie en présence du ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré. Mais seulement en partie. Autrement dit, les aviculteurs n’ont pas reçu la totalité de leur indemnisation.
Face aux difficultés rencontrées pour rentrer en possession de leurs dues, Akmel Abel, membre  du nouveau  Groupement  de Défenses Sanitaire (GDS) de Mondoukou, vendredi à l’occasion d’une visite d’immersion de la presse dans leur zone, a lancé le cri du cœur des acteurs du secteur des volailles à l’endroit du président de la République Alassane Ouattara. 
Pour l’aviculteur tout comme pour les 150 autres recensés, il est impérieux que les services du ministère leur fasse le point du reliquat de leur indemnisation. Mais force est de constater qu’ils n’ont pas d’interlocuteurs en face d’eux.
« Le jour de  la cérémonie d’indemnisation, nous avions pensé qu’on allait recevoir les jours qui suivent notre argent. Malheureusement après recoupement auprès de nos amis, il s’est avéré que certains ont reçu une partie de leur argent. Tandis que d’autres n’ont rien reçu. Nous avons compris que ces derniers n’avaient pas déposer leur RIB à temps pour recevoir les virements sur leurs comptes. Chacun de nous a sa fiche d’abattage de ses volailles. Nous sommes donc reconnus dans les fichiers. Si nous avons patienter depuis le mois de février, c’est parce qu’on a cru que le reste de l’indemnisation allait être viré pour ceux qui ont perçu une partie, et les autres devraient recevoir leur argent complet. Aujourd’hui ça fera 10 mois que beaucoup d'entre nous n'ont pas encore repris leurs activités », se désole le porte-voix du groupement.
Avant d'appeler le chef de l’État Alassane Ouattara à la rescousse:
« Nous appelons le président de la République à se pencher sur la question. Non sans lancer une plaidoirie au gouvernement pour la réduction des taxes sur les intrants. Particulièrement le sac de maïs de 100 kilogrammes qui est passé de 21.000 f CFA à 30 000 f CFA. Tout comme les tourteaux de soja et de blé qui sont exportés de l’extérieur."
Pour ce qui a été donné de voir sur le terrain en marge de la rencontre, c’est la galère pour les aviculteurs. La reprise est plus que laborieuse. Quelques-uns à l’image de la ferme des Guy, un gros producteur, envisage lancer la procédure de fermeture définitive de la ferme.
Les assurances du ministère
Joint au téléphone, le directeur de la communication du ministère des ressources animales et halieutiques Ibrahim Diakité   d’expliquer que le paiement de la 2ème vague va se faire d'ici le mois de juin 2022. 
« Mais notez que certains éleveurs n'ont pas remplis les exigences de l'état. Pour leur règlement, ils n'ont pas de compte, donc pas de RIB or l'état ne paye pas en main propre. C'est par virement d'où la remise des chèques », a-t-il informé. 
A en croire une autre source, la Direction des services vétérinaires (Dsv) et la Direction des affaires administratives et financières (Daaf) sont à pied d’œuvre pour régler très rapidement cette situation. Une version appuyée par le ministre Sidi Tiémoko Touré, le jeudi 19 mai 2022, à la maison de la presse au déjeuner de presse de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (L’Unjci) 
Pour ce qui concerne le coût des intrants notamment le maïs, principal composant dont le kilogramme est passé en 2 ans de 100 frs à 300 frs cfa, Sidi Touré a rappelé la décision du conseil des ministres d’interdire l’exportation des réserves de maïs. « La production animale (…) en tant qu’activité génératrice de revenus, s’inscrit dans la même dynamique, de sortir ou d’éviter que des hommes et des femmes s’enlisent dans le cycle vicieux de la paupérisation par la création d’emplois décents et durable. Cela se traduira par l’allègement de la pénibilité du travail, la réduction du coût des facteurs de production pour une meilleure rentabilité toute chose à même d’attiré les jeunes dans les différents chaine de valeur du secteur », ambitionne-t-il.
Le ministre Sidi Touré a ajouté que la Côte d’ivoire est, à ce jour, tributaire des importations massives de denrées animales et d’origine animale avec des sorties de devises évaluées à plus de 400 milliards de FCFA par an.
C'est la raison pour laquelle l’État a entrepris avec le concours de tous les acteurs concernés, d’élaborer de nouvelles stratégies faisant référence à une politique hardie de respect de la biodiversité, dénommée la Politique Nationale de Développement de l’élevage, de la Pêche et de l’aquaculture (PONADEPA 2022-2026). 
Pour rappel, le dimanche15 août 2021, le préfet de Grand-Bassam avait pris l’arrêté n°42/p-gbm/cab portant déclaration d’infection de l’influenza aviaire hautement pathogène de sous- type h5n1 dans son département. Après moult rencontres avec la direction départementale des ressources animales et halieutiques de Grand-Bassam, les aviculteurs ont eu gain de cause. Notamment grâce aux mesures vigoureuses et de riposte du gouvernement qui a ordonné la reprise des activités avec l’adoption d’un plan de lutte contre la grippe aviaire d'un coût global de 979,4 millions Fcfa.                                                                   Cette indemnisation de 979,4 millions de FCFA, annoncés en Conseil des ministres est « une compensation et un soutien de l’État pour aider les éleveurs sinistrés à reprendre leurs activités », avait annoncé le ministre Sidi Tiemoko. 

Auteur: Derome - Ivoirematin-News


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