Après le congrès du samedi 26 janvier, confusion totale au Rhdp

  • Source: : Web-News | Le 07 février, 2019 à 10:02:41 | Lu 611 fois | 0 Commentaires
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Porté sur les fonts baptismaux les vendredi 25 et samedi 26 janvier 2019, au Palais des sports de Treichville et dans la « cuvette » du stade Félix Houphouët-Boigny au Plateau, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) reste encore, pour de nombreux Ivoiriens, « une nébuleuse politique », en raison du mystère qui entoure sa forme juridique et le nouveau statut des partis politiques qui le composent. Censés disparaître pour se « fondre » dans le parti unifié, ces partis continuent de garder leur identité, leur autonomie et leur souveraineté.

Au moins « 200 000 personnes », selon les organisateurs, ont pris part à cet évènement qui a vu le sacre du chef de l’État, Alassane Ouattara, à la tête du Rhdp, sur proposition de la commission «  Processus électoral » que présidait Coffi Michel Benoît, un transfuge du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (Pdci-Rda).

Alassane Ouattara est, par ailleurs, président d’honneur du Rassemblement des républicains (Rdr), une composante du Rhdp. Mais, après l’euphorie qui a accompagné la naissance du Rhdp, des Ivoiriens et de nombreux observateurs restent dans un état d’ébahissement, face à ce qu’ils qualifient «  de flou juridique » qui demeure autour du Rhdp. Ils disent ne pas avoir de visibilité à travers le brouillard qui entoure le nouveau statut des partis qui composent le Rhdp unifié. Le flou artistique est d’autant plus manifeste que ces partis, bien qu’ayant officiellement accepté d’intégrer le Rhdp, ne se sont pas auto-dissous. Ils ne sont déclarés ni morts ni vivants lors des assises de ce « congrès ordinaire »… Ils continuent d’exister, gardent leur identité et leur autonomie.

Le « rapport général » de ce congrès ordinaire, qui s’est tenu en lieu et place «  d’un congrès constitutif » initialement annoncé, fait une impasse totale sur le statut et la forme juridique du Rhdp.

Le président du Rhdp devient-il, du coup, le président de tous les autres partis membres du Rhdp ? Ce que l’on sait, c’est que des résolutions portant création du Rhdp ont été publiquement exposées. Le « libéralisme à visage humain » est l'idéologie du parti unifié, basé sur « l’houphouétisme », en référence au premier président ivoirien. Le « libéralisme » est aussi le socle idéologique du Rdr, le parti d’Alassane Ouattara. Laurent Tchagba, de l’Union pour la démocratie et pour la paix en Côte d’Ivoire (Udpci) qui présidait la commission « Vie et fonctionnement des structures », a noté que le «  Rhdp est ouvert à tous les partis politiques, à toute Ivoirienne et tout Ivoirien ».

Un flou artistique...

La Commission politique générale que présidait Patrick Achi, un autre baron du Pdci, a estimé que « cette option politique avec toutes ses déclinaisons aux plans politique, institutionnel, économique, social, culturel, diplomatique et environnemental » était nécessaire. Le Rhdp aura son hymne, les structures techniques ont été intégrées et élevées au rang de membres statutaires, ainsi que les organes spécialisés. Ainsi en a décidé la commission « Statuts et règlement intérieur » que présidait Maurice Bandama du Rdr.

Ce rassemblement, qui a donné naissance au Rhdp, a beau être gigantesque en termes de mobilisation, il n’échappe, pas, pour autant, à des critiques et interrogations des observateurs. On ne connaît pas encore l’arrière-plan et les contours politiques et juridiques que prendra le Rhdp les prochains mois. Mais, sa mise en place dans des conditions, pour le moins fumeuses, le statut des partis qui le composent et son format actuel soulèvent beaucoup d’interrogations. Le principal problème que le Rhdp pose, c’est son statut et son format juridique.

Des Ivoiriens et observateurs se demandent si le Rhdp est un parti politique au sens de la loi ivoirienne, un groupement politique, une simple coalition d’intérêts politique ou alors une fédération de partis politiques. Face au flou, on ne peut que se livrer à de vagues conjectures.

Mais, Kouassi Kobenan Adjoumani, Porte-parole du Rhdp, tente d’apporter un éclairage. Sur la question de la dissolution des partis membres du Rhdp, le ministre des Ressources animales et halieutiques a déclaré, mardi 29 janvier 2019, en conférence de presse aux Deux Plateaux, ceci : « Nous avons un nouveau parti qu'on appelle Rhdp. Nous avons donné un temps pour faire la fusion. À un moment donné, nous allons donner le chronogramme. Nous avons dépassé toutes les étapes pour créer le Rhdp. C'est un parti politique, un point un trait ».

Mais, le paradoxe reste frappant. Ce qui fait que le destin du Rhdp, de ses militants et des partis qui le composent, pourrait basculer entre trois scenarios. Le premier scenario, Henri Konan Bédié qui pointe un douteux bricolage politique, l’a déjà écrit, le samedi 26 janvier 2019, lors d’une cérémonie de présentation de vœux à Daoukro. « Mobilisés comme vous l’êtes ce jour à Daoukro, vous venez ainsi de donner la preuve au monde entier, de votre attachement indéfectible au Pdci-Rda, à l’opposé de ceux d’entre vous, peu nombreux du reste, qui ont opté pour une aventure sans lendemain avec les tenants du parti unifié Rhdp. Vous verrez, ils seront bien déçus, car ce projet d’unification de partis politiques autonomes en un seul parti, n’a aucune base légale. Il n’existera pas », a craché l’ex-chef de l’État ivoirien qui dénonce un inutile « tohu-bohu ». « Ils reviendront au groupement politique qu’ils ont, eux-mêmes, contribué à saborder », a-t-il prédit.

Un autre scenario est lié à une implosion du Rhdp. Comme Henri Konan Bédié, des Ivoiriens notent, dans la mise en place du Rhdp, une grosse erreur de perspective. Pour eux, il aurait fallu que les partis mettent fin à leur existence en tant qu’entité politique, avant d’intégrer le Rhdp. A défaut de cela, certains fondements du Rhdp, comme le principe de loyauté et d’honnêteté dans ce flou, s’effondrent… Dès lors, le scenario catastrophe pourrait être une multitude de candidats en 2020 au sein de la coalition gouvernementale. Étant donné que la disparition des partis n’a pas été obtenue. Dans ce registre, Albert Mabri Toikeusse, président de l’Udpci, farouchement opposé à la disparition...

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Auteur: l'infodrome - Web-News


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