Côte d’Ivoire : « Houphouët-Boigny doit être attristé de savoir qu’il y a des compatriotes qui sont persécutés à cause de son nom », déplore Ouattara Gnonzié

  • Source: : Web-News | Le 11 février, 2019 à 10:02:58 | Lu 167 fois | 0 Commentaires
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Le Rassemblement pour la paix (RPP) a organisé une cérémonie de présentation de vœux le samedi 09 février 2019 au cours de laquelle son Président Ouattara Gnonzié a dénoncé l’utilisation abusif du non du premier président de la République ivoirienne à des fins politiciennes. Ci-dessous l’intégralité de son discours.

(…) Que 2019 voit s’éclore pour chacun d’entre vous, d’entre nous, tous les désirs qui nous tiennent à cœur. Pour la Côte d’Ivoire et tous nos compatriotes nous souhaitons le meilleur : la quiétude, le bonheur, la paix. La paix et encore la paix. Cette insistance, comme vous le savez, n’est pas fortuite.Vous n’êtes pas sans savoir qu’en 2019 notre pays la Côte d’Ivoire se trouve à la croisée des chemins. En effet notre pays est placé cette année à un point d’intersection où il doit faire un choix délicat pour accéder, au bonheur ou à la douleur, à l’an 2020 une année sur laquelle pèse de nombreux risques et des défis à relever.

Notre parti, le RPP, doit tout entreprendre pour jouer à fond sa partition. Pour ce faire nous avons entrepris une réorganisation et une redynamisation scientifique du parti. En faire un grand parti populaire prêt à relever tous les défis y compris l’accession au pouvoir d’Etat notamment par un partenariat solide et ouvert à divers horizons et compétences. J’invite tous nos militants à s’inscrire dans cette voie afin que demain soit meilleur et profitable à tous. Pour aller vers 2020, en transitant par 2019, il n’y a pas mille voies. Deux seulement, et seulement deux, s’offrent à nous.

La voie du rassemblent, de la convivialité, du dialogue et du respect de l’Etat de Droit et de la Démocratie. Cette voie nous conduit à la paix, à la quiétude, à la concorde et surtout à la mise en œuvre d’une Commission Electorale Indépendante, consensuelle, inclusive, impartiale, Equilibréeet bénéficiant par conséquent de la confiance de tous les citoyens notamment les acteurs politiques.La deuxième voie c’est celle de l’autoritarisme, de l’arrogance, du mépris, du déni de justice, du refus du dialogue, du repli sur soi. Naturellement une telle voie nous ouvre grandement les portes de la méfiance, des frustrations, de la violence, du désordre, du dépérissement de l’Etat et de la dislocation de la nation.

Et pourtant quelques signes du destin nous interpellent et nous invitent à emprunter la voie de la sagesse. En effet les premières semaines de 2019, on peut le dire, sont apparues sous de bons auspices pour la Côte d’Ivoire en quête de réconciliation, de paix et de cohésion, avec l’acquittement du Président Laurent GBAGBO et du Ministre Charles Blé GODE par la Cour Pénale Internationale. A nos yeux, le retour de ces deux dignes fils, sur leur terre natale, contribuerait sans aucun doute à booster l’apaisement, la fraternité et la réconciliation, en décrispant le climat socio-politique du pays.

Un autre signe dont on aurait pu penser que le pays en tirerait le meilleur profit, c’est le nom de Felix Houphouët-Boigny le père fondateur de la Côte d’Ivoire. En effet, depuis la disparition du Sage de Yamoussoukro, on n’avait jamais autant cité son nom en Côte d’ Ivoire que ses douze derniers mois. Que des citoyens ou des hommes politiques entreprennent de revisiter l’action et l’œuvre du premier Président du pays, qui pourrait s’en offusquer, au lieu de se réjouir. Dans l’espoir que la classe politique en tirerait plus de sagesse, en apprenant plus du Dialogue et de la paix, piliers essentiels de la politique houphouëtiste.

Malheureusement l’usage fait de cet apparent retour aux sources engendre pour toute la nation plus de problèmes que d’espoir qu’il était sensé apporter. En effet se servir du nom d’Houphouët-Boigny, grand pacificateur, grand rassembleur, devant l’Eternel, pour diviser les Ivoiriens, les sanctionner, les exclure, les menacer et même les emprisonner, est plus qu’une gifle faite à l’illustre disparu.Est-il acceptable et imaginable qu’un individu, se disant ou prétextant agir sous le contrôle de la pensée et l’idéologie houphouëtistes, se mette en transe pour prononcer des oukases de licenciement contre des citoyens et des fonctionnaires, parce qu’ils ont simplement usé de leur liberté d’actions, d’expression, d’opinion, de choix politique, en refusantd’intégrer un groupement politique, fut-il celui choisi par le tsar pour faire la paix et la stabilité.

Le retour au parti unique et au parti Etat est fondamentalement anti-houphouëtiste.C’est bien Houphouët-Boigny qui en 1990, sous la pression de la rue, a avoué, qu’en 1958, il avait rassemblé tous les partis politiques, avec leur accord, pour aller à l’indépendance. Mais aujourd’hui, ajoutait-il, “je me rends compte que le consensus est rompu“. Alors, concluait-il, “j’autorise le retour au multipartisme, avec la mise en œuvre de l’article 7“ de la constitution d’alors.

Le Président Houphouët-Boigny venait ainsi de sonner le glas du parti unique et du parti Etat, en intégrant la Côte d’Ivoire dans l’ère moderne de la démocratie multipartisane. Près de 30 ans après est-il décent d’associer le nom d’Houphouët-Boigny à une telle aventure. En politique nos compatriotes doivent pouvoir apprendre à faire la distinction entre les Discours et les Actes. Il y a ce que les hommes politiques disent et ce qu’ils font. On peut vous dire qu’on est le plus humble, le plus modeste. Mais vous avez vos yeux pour voir, apprécier et juger. Qui ne sait, par exemple, qu’aujourd’hui en Côte d’Ivoire, l’arrogance, est la chose la mieux partagée dans certains cercles politiques.

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Auteur: l'infodrome - Web-News


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