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Côte d’Ivoire : « Je n’ai aucun rapport en ce moment avec » Ouattara, Bédié… (Gnamien Konan)

  • Source: : Web-News | Le 13 juin, 2018 à 09:06:25 | Lu 122 fois | 0 Commentaires
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Côte d’Ivoire : « Je n’ai aucun rapport en ce moment avec » Ouattara, Bédié… (Gnamien Konan)

Le Président de La Nouvelle Côte d’Ivoire (opposition), Gnamien Konan, par ailleurs ancien Ministre et fondateur de l’Union pour la Paix en Côte d’Ivoire (UPDCI), parti proche du pouvoir) qu’il a quitté, a indiqué lundi n’avoir « aucun rapport » avec ses anciens alliés au pouvoir, dans une interview avec Le Progrès.

Monsieur le Président, il y a quelques mois vous créé une nouvelle formation politique alors que vous êtes le fondateur de l’Union pour la Paix en Côte d’Ivoire (UPCI, proche du pouvoir). Avez-vous pensé à Président d’honneur avant de prendre cette option ?

Je voulais transformer l’UPCI en un mouvement. Au moment où je m’apprêtais à présenter le projet à mes amis du parti, il s’est trouvé qu’ils avaient d’autres ambitions. Or moi, je ne voulais plus rester au Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix en Côte d’Ivoire (RHDP, coalition des partis au pouvoir). Pour y rester, ils disaient à l’époque que l’élection présidentielle ne les intéressait pas et qu’ils cherchaient un groupe parlementaire. Et au moment où je me préparais à leurs proposer cette transformation du parti politique, ils avaient un autre agenda et j’ai trouvé que le plus simple, c’est de créer le mouvement.

Vous avez dit que vous ne voulez plus rester au RHDP. Mais qu’est-ce qui explique cette séparation d’avec vos anciens alliés ?

En fait, le RHDP est une chose qui correspond bien aux Ivoiriens. Ils aiment les choses comme ça ; ils se précipitent dessus comme des mouches sur le miel. Si on demande à un observateur de la politique ivoirienne de dire ce que c’est que le RHDP, il ne peut pas répondre. L’instance supérieure du RHDP qui est le Présidium, composé des Présidents des différents partis, ne s’est jamais réuni en tant que Présidium. Donc, vous imaginez qu’une entité qui existe et son conseil d’administration ne s’est jamais réuni, cela n’existe pas.

Pourtant, le RHDP semble être en route pour le Parti Unifié ! Peut-être qu’ils attendent d’arriver à cela !

Le RHDP, c’est une chose qui a été créé il y a longtemps. Ils attendent qu’on arrive aux partis unifiés avant que les Présidents se réunissent ? Pour moi, cela n’existe pas ; ce n’est pas la peine de revenir là-dessus ; je n’ai pas eu l’impression de partir de quelque chose, voilà ! J’ai juste réfuté de continuer de jouer à un jeu. Et si d’ailleurs, ceux qui sont partis parce qu’ils voulaient rester au RHDP – vous avez suivi de leurs déclarations – on ne comprend pas rien ; il faut un décodeur.

Quel est votre commentaire faites-vous du vote contre le Parti Unifié ?

Je n’ai pas aucun commentaire. Cela ne m’intéresse pas. Et puis, cela n’apporte rien aux Ivoiriens que l’UPCI ait refusé de signer (l’Accord relatif à la création du Parti Unifié). Pour moi, c’est un non évènement. C’est des gens à qui on avait promis quelque chose. Et ils ont estimé que les promesses qu’on leur avait faites n’étaient pas tenues et ils se sont braqués. C’est tout.

Quelle promesse par exemple ?

Qu’est-ce qu’ils promettent aux gens ? Vous ne savez pas ?

Monsieur le Ministre, ils promettent quoi aux gens ?

Le président a dit qu’on va former le gouvernement sans l’UPCI. Ce n’est pas clair pour vous ça ? On promet aux gens des postes ministériels. Vous voulez entendre ça de ma bouche.

Quels sont vos rapports avec vos alliés d’hier ?

Lesquels ?

Avec le Président de la République, avec le Président Bédié, avec…

Je n’ai aucun rapport en ce moment avec eux. Ce n’est pas mes ennemis ; je ne suis pas en guerre contre eux.

Des appels téléphoniques…

Le Président (Alassane) Ouattara lui-même m’appelait pour me donner des instructions ; le président Bédié et moi, on ne s’est jamais appelé ; ce n’est pas mon ami.

N’êtes-vous pas en train de vous isoler comme ça ?

Cela vous intéresse hein, le RHDP ? Quand vous écoutez le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, proche du pouvoir) parler du Parti Unifié, quel sentiment vous avez ? Vous avez le sentiment de quelque chose qui divise les gens. Et qu’est-ce que moi, je vais avoir dans ce parti.

La crise actuelle au RHDP, qu’est-ce qu’elle vous inspire ?

Je ne suis pas un commentateur de la politique ivoirienne. Vraiment, cela ne va rien apporter aux Ivoiriens et j’estime que ce n’est pas un sujet. On crée un parti politique pour prendre le pouvoir. Point.

Donc vous êtes candidat pour la présidentielle de 2020 !

Affirmatif.

Quels sont vos projets pour la Côte d’Ivoire ?

C’est de mettre fin aux chômages, d’annuler complétement le chômage. D’ailleurs, j’ai dit à mes militants que le chômage sera interdit. C’est un délit. Si nous vous prenons en train de chômer, nous vous arrêtons et nous vous amenons dans un champ pour travailler ; cela suppose que je donnerai du travail à tout le monde. Le travail, c’est un droit avec moi.

Depuis 2008, je dis aux jeunes que si je suis président, je ferai voter une loi qui est un droit opposable à l’emploi. C’est-à-dire si vous ne travaillez pas après votre diplôme, deux (2) mois après l’Etat vous trouve un travail ou vous donne une prime. C’est aussi simple que ça et ce n’est pas la démagogie.

On entend certains dire que la réconciliation n’est pas encore une réalité. Qu’en dites-vous ? Cela fait-il partie de votre programme ?

Oui la réconciliation fait partie du programme ; il faut éviter de donner le pouvoir à des gens autoritaire, à la base de la haine et de la division ; c’est qu’on appelle la réconciliation et c’est l’une des raisons pour laquelle que je suis candidat.

Vous avez été ministre du Gouvernement. Et donc, vous êtes aussi comptable de son bilan !

Mais je n’ai pas fait la guerre. Moi, comptable ? Est-ce que vous savez que, dans le gouvernement de Gbagbo (Laurent, ancien président en détention à La Haye), il y avait 13 ministres du Rassemblement des Républicains (RDR, parti actuellement au pouvoir), y compris M. Guillaume Soro, comme Premier Ministre ? Est-ce que le RDR s’est déjà senti comptable de la gouvernance de M. Gbagbo ? Savez-vous que dans le Gouvernement de (feu le président Robert) Guei, il y avait tous ces partis, le RDR et le Front populaire ivoirien (FPI, parti d’opposition et parti de Gbagbo), est-ce que le FPI s’est déjà senti comptable de la gouvernance de (feu) Guei ?

Pourquoi vous voulez qu’un seul ministre, dans un Gouvernement où il y a au moins 40 ministres, soit comptable de la Gouvernance dans un régime présidentiel ? Le PDCI lui-même aujourd’hui qui a eu deux Premiers ministres, Kouadio Ahoussou Jeannot et Daniel Kablan Duncan, ne se sent pas comptable de la gouvernance du RDR, et vous voulez me dire que, moi, un petit ministre, j’ai exécuté un plan d’action du Gouvernement ? Cela ne marche pas. Est-ce que vous savez qu’Emmanuel Macron (président français) était le ministre des Finances de François Hollande ? Il ne s’est jamais senti responsable de la gouvernance ?
On m’a confié à un département, je peux vous présenter le bilan.

L’enrôlement sur la liste électorale est prévu du 18 au 24 juin. Un commentaire !

Je ne sais pas quoi vous répondre ? Je m’apprête à faire une proposition. Je n’ai pas l’intention de vous en faire la primeur, parce que je suis député. J’ai l’intention de faire une proposition au niveau du parlement. Mais il faut que le pouvoir se fixe des objectifs à atteindre par rapport à ce recensement pour l’enrôlement.
On peut dire compte tenu de la structure de la population ivoirienne, on doit avoir 10 millions ou 12 millions d’électeurs et se donner les moyens d’atteindre ses objectifs.

Quand on est quelqu’un de bonne foi, quelqu’un qui a des idées claires, on doit de donner les moyens pour que votre fichier électoral puisse avoir 12 millions d’électeurs. Et à partir de là, on se donne les moyens pour faire cet enrôlement, point. Voilà mon interprétation, ce n’est pas une question de semaines ou de mois.

Est-ce-à-dire que les dispositions prises par le Gouvernement ne sont pas suffisantes ?

Elles n’ont jamais été suffisantes. Je n’ai pas les chiffres en tête mais comparer la population du Ghana et à celle de la Côte d’Ivoire comparer. Et comparez les fichiers électoraux des deux (2) pays ou avec celui de n’importe quel pays ; vous allez être surpris que la Côte d’Ivoire est en deçà.

Pouvez-vous vous expliquez davantage ? Le fichier électoral du Ghana compte combien d’électeurs…

Je n’ai pas le fichier en tête ; tout le monde sait. Je vais consulter mon smartphone… Vous êtes journaliste, il faut vous informer hein…

Puisque c’est vous qui l’avez évoqué…

C’est des choses qui doivent vous interpeler.

Avez-vous des inquiétudes au sujet de 2020 vu les tensions entre alliés au Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP, coalition au pouvoir) et les revendications de l’opposition par rapport à la Commission électorale indépendante (CEI) ?

Dans toutes les démocraties du monde, il y a toujours les problèmes sur le fichier électoral. Les partis d’opposition s’opposent. Et le pouvoir peut en tenir compte comme il peut ne pas en tenir compte. Ce sont les faits tout à fait normaux dans un pays réputé démocratique. On ne va pas dire qu’il aura une crise en 2020 ; ils nous restent deux (2) ans. Beaucoup de choses peuvent se passer. Et je suis serein.

 

Auteur: Le Progrès? - Web-News


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