Chez nous (acte 2)

  • Source: : Ivoirematin-News | Le 11 février, 2020 à 07:02:44 | Lu 1528 fois | 0 Commentaires
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Chaque pays d’Afrique de l’ouest, en dehors de son charme, a ses contraintes et aussi ses réalités. En tout cas, le nôtre est beau et généreux. Je ne pense pas qu’il y ait quelqu’un pour dire le contraire. On dit même dans nos chansons, que sa capitale économique, Abidjan, « est le plus doux au monde ».  

La preuve, chez nous, n’importe qui vient créer son église n’importe où et est appelé pasteur ; il enceinte à souhait nos sœurs et sait qui est bon mari ou pas à qui, il peut même recommander à ses ouailles en quête de mariage. Et comme si ça ne suffisait pas, il se permet de faire des révélations sur l’avenir de la nation et de certaines de nos personnalités. C’est à eux seuls que Dieu parle dans ce pays. Ceux-là, on a fini par leur accorder une bonne place chez nous. De fait, ils sont maintenant chez eux aussi.

Chez nous, quand il pleut à Abidjan ou quand il y a un embouteillage monstre sur l’autoroute du nord, ou dans nos communes, la plupart des chauffeurs de véhicules en commun augmentent rapidement volontiers, le prix du transport sans que personne ne trouve à redire. J’ignore peut-être l’existence de cette loi qui autorise les chauffeurs à agir ainsi dans ces cas. La preuve, on en est tout le temps victime.

En sus, ici, on se permet de rouler en toute quiétude sans permis de conduire et sans les pièces du véhicule. Selon nos humeurs, on respecte ou pas les feux de circulation. Et puis si les forces de l’ordre nous arrêtent, on sait comment faire pour que ces derniers nous laissent nous en aller en paix. Au sortir de là, on devient même des amis. C’est trop chic quoi !   

Chez nous, on écrit « urgence » à l’hôpital mais le médecin n’est jamais à l’heure. C’est le malade qui doit parfois l’attendre. Pour combien de temps ? On l’ignore. Si tu fais savoir ton ras-le-bol, on te demande tout de suite si tu as apporté de l’argent pour te faire soigner. Si c’est affirmatif, on te reçoit. Quand c’est le contraire, on te fait retourner à la maison, sinon tu es obligé de retourner tranquillement.   

Chez nous, on ne se fatigue pas pour être à l’heure lors des grands événements, les gens n’aiment pas trop ça. Si on t’a dit par exemple qu’une cérémonie débute à 10 heures, tu constateras que ça ne va pas débuter à l’heure exacte. Parce qu’on attend chaque fois quelqu’un ou quelque chose pour commencer l’activité. C’est toujours comme cela. On est lent dans les administrations. Toujours en train de faire patienter. Pis, en fin de semaine, surtout le vendredi, « on ne dure pas au champ ». C’est une petite blague à l’ivoirienne qui pousse à quitter les bureaux au crépuscule. Gare à celui ou celle qui va oser s’opposer, parce que cette habitude a pris notre sang.

Chez nous, la majeure partie de nos jeunes passent tout leur temps sur les réseaux sociaux, sans vraiment y tirer profit. S’affairant sur l’actualité des peoples ou des gens qui se sont déjà réalisé. Rien que. On ne se rend pas compte que chaque jour qui passe, on évolue à tout point de vue et que le pays a besoin de leur génie créateur pour se hisser. Pendant qu’en Chine ou au Japon ou encore au Canada, les jeunes de leur âge créent quelque chose d’instructif, nous, on préfère gaspiller notre temps et énergie à entretenir des débats sur des faits vraiment inutiles.

Et pourtant chez nous, doit être débout ! 

L’image contient peut-être : Boris Anselme Takoué, assis

Boris Anselme Takoué, Journaliste-écrivain

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Auteur: Boris Anselme Takoué, Journaliste-écrivain [email protected] - Ivoirematin-News


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