Burkina Faso : coup de balai dans l’arène politique, tous les partis dissous
Le Burkina Faso amorce une rupture historique avec son système politique. Réuni ce jeudi en Conseil des ministres, sous la présidence du Capitaine Ibrahim Traoré, le gouvernement burkinabè a adopté un décret actant la dissolution de l’ensemble des partis et formations politiques du pays.
Présentée comme une décision majeure de refondation de l’État, la mesure s’inscrit, selon les autorités, dans la dynamique de la Révolution progressiste populaire (RPP). Elle vise à mettre fin aux dysfonctionnements attribués au système partisan et à renforcer l’unité nationale dans un contexte de profondes mutations.
S’exprimant à l’issue du Conseil, le ministre porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a indiqué que cette décision répond à une volonté politique claire de « reconstruire l’État burkinabè sur des bases nouvelles, plus cohérentes et plus inclusives ».
Pour sa part, le ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, a évoqué les conclusions d’un « diagnostic approfondi » du paysage politique national. Celui-ci aurait mis en lumière « de nombreuses dérives » dans l’application des textes régissant les partis politiques, contribuant à la fragmentation sociale et à l’affaiblissement de la cohésion nationale.
Les autorités estiment en effet que la prolifération des partis politiques a favorisé la division des citoyens plutôt que le rassemblement autour de l’intérêt général. La dissolution vise ainsi à restaurer l’unité nationale et à créer les conditions d’une réforme en profondeur du mode de gouvernance politique.
Conformément au décret adopté, le patrimoine des partis dissous sera transféré à l’État. En outre, un projet de loi portant abrogation des textes encadrant le fonctionnement et le financement des partis politiques, ainsi que le statut du chef de file de l’opposition, sera soumis à l’Assemblée législative de transition « dans les meilleurs délais ».
Cette décision, aux conséquences politiques majeures, ouvre une nouvelle séquence dans l’histoire institutionnelle du Burkina Faso, dont les retombées continueront d’alimenter le débat national.
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