"On ne tolérera plus ces spectacles médiatiques": l'Afrique du Sud réagit aux propos du Ghana sur le rapatriement de ses ressortissants
Depuis plusieurs jours, des rapatriements de ressortissants ghanéens sont organisés après des attaques xénophobes en Afrique du Sud. Après la publication d'une vidéo et d'une interview du ministre des Affaires étrangères du Ghana, l'Afrique du sud a dénoncé ce samedi 6 juin des "spectacles médiatiques".
"Notre intention initiale était simplement d'aider le gouvernement ghanéen à rapatrier ses ressortissants dans des conditions humaines et cordiales. Cependant, on ne tolérera plus ces spectacles médiatiques, caractérisés par des informations incomplètes ou de la pure désinformation et dépourvus de tout sens diplomatique", a écrit sur le réseau social X Ronald Lamola, ministre des Relations internationales et de la Coopération d'Afrique du Sud, ce samedi 6 juin.
Des propos en réaction à une interview de son homologue ghanéen, Sam Okudzeto Ablakwa. Ce dernier, Sam Okudzeto Ablakwa, a évoqué dans une interview à la radio ghanéenne Joy FM ce samedi, la mort de cinq Mozambicains et de deux Nigérians dans des violences xénophobes, ce que Pretoria conteste. Le Ghana a affrété le même jour un nouveau vol rapatriant près de 350 de ses ressortissants, après un premier de 300 passagers la semaine passée.
Une vidéo montrant des élus agitant des drapeaux ghanéens dans la cabine de l'avion a été diffusée par l'ambassade du Ghana en Afrique du Sud ce samedi, pour annoncer son décollage.
Si depuis le premier vol de rapatriement deux ressortissants mozambicains ont bien été tués à Mossel Bay (sud) "en lien avec des manifestations anti-étrangers", d'après la police sud-africaine, "aucun ressortissant nigérian n'a été tué lors de la vague actuelle d'attaques en Afrique du Sud", affirme Ronald Lamola.
Organisées depuis des semaines à travers l'Afrique du Sud, des manifestations dénonçant les étrangers en situation irrégulière, boucs émissaires du chômage de masse et de la criminalité ambiante, ont dégénéré en violences le weekend dernier, dans la ville de Mossel Bay, située sur la côte à près de 400 km à l'est du Cap.
Plus de 50 habitations y ont été incendiées. Une équipe de l'Agence France-Presse y a observé des cabanes en ruines, déjà pillées ou en cours de démantèlement par des habitants qui prévoient de les occuper. Quelque 600 Mozambicains ont fui Mossel Bay et sont rentrés dans leur pays dans les jours ayant suivi les violences, selon les autorités.
Les deux Mozambicains morts à Mossel Bay, âgés de 27 et 43 ans, sont les premiers étrangers recensés comme ayant été tués depuis le début de la campagne menée depuis des mois contre les migrants africains sans papiers. Elles ont donné lieu à des manifestations dans tout le pays qui n'ont jamais dépassé quelques milliers de personnes, mais se sont accompagnés d'un torrent de haine xénophobe en ligne.
Les tensions se sont exacerbées depuis qu'un groupe opposé à l'immigration irrégulière a ordonné le mois dernier à tous les étrangers sans papiers de quitter le pays avant le 30 juin. Dans son sillage, des groupes informels ont mené dans plusieurs villes du pays des opération de porte-à-porte pour intimer aux étrangers - ou ceux suspectés de l'être - de plier bagage.
Le Ghana et le Mozambique ont déjà rapatrié des centaines de leurs ressortissants, et le Malawi et le Nigeria ont annoncé qu'ils allaient faire de même.
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