Sénégal : un vaste réseau de faux papiers démantelé, deux suspects devant la justice
Une enquête de la Division nationale sénégalaise de lutte contre le trafic de migrants et pratiques similaires (DNIT) a permis de mettre au jour un important réseau de fraude spécialisé dans la vente de documents d’état civil sénégalais à des ressortissants étrangers, a rapporté le quotidien Libération dans son édition de jeudi.
L’affaire a éclaté à la suite des aveux d’un présumé démarcheur interpellé par les services de sécurité. À l’issue des investigations, un ressortissant guinéen, Abdoullahi Bah, qui se faisait appeler Abdoulaye Ba sur la base de faux documents, ainsi que le Sénégalais Yancouba Diallo, ont été déférés devant le parquet de Saint-Louis, à environ 264 kilomètres au nord de Dakar. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux, obtention indue de documents administratifs et faux en écritures publiques, selon des sources judiciaires et des agences de presse.
L’enquête fait suite à une perquisition menée au domicile de Yancouba Diallo à Tambacounda, dans le sud-est du pays. Les enquêteurs y ont saisi un important lot de documents administratifs, qui auraient servi à l’obtention frauduleuse d’actes d’état civil sénégalais au profit de ressortissants étrangers.
Entendu par les enquêteurs, Abdoullahi Bah a reconnu avoir sollicité les services de Yancouba Diallo pour l’obtention d’actes d’état civil à Tambacounda et à Ndame, moyennant la somme de 15 000 francs CFA par document. Il a également admis avoir commandé un certificat de nationalité sénégalaise pour son épouse contre un paiement de 75 000 francs CFA.
De son côté, Yancouba Diallo, qui se présente comme commerçant et démarcheur, a reconnu les faits sans réserve. Il a détaillé les tarifs appliqués selon la nature des documents, évoquant notamment 50 000 francs CFA pour un jugement de naissance, 25 000 francs CFA pour un certificat de nationalité sénégalaise et 50 000 francs CFA pour des procédures d’annulation.
Le mis en cause a expliqué que ces montants servaient, selon lui, à couvrir des « frais de justice », laissant ainsi planer le soupçon de complicités au sein de certaines administrations locales. Il a cité plusieurs structures, notamment des mairies et tribunaux de Tambacounda, Koumpentoum, Grand Yoff, Dakar et Kolda, qui auraient été sollicités pour l’obtention de jugements d’autorisation d’inscription de naissance, de certificats de nationalité et d’autres documents administratifs.
Les éléments découverts lors de la perquisition témoignent de l’ampleur de cette activité frauduleuse et de la familiarité du principal suspect avec les rouages administratifs locaux, facilitant l’obtention illégale de documents officiels.
L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuelles complicités et de déterminer l’étendue exacte de ce réseau de faux papiers.
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