Trafic international de fausse monnaie: un ressortissant français interpellé en Italie
L’enquête, pilotée par le parquet de Rennes, a mis au jour un circuit mêlant fournisseurs italiens et logisticien ukrainien. Au total, six personnes ont été mises en examen, en attendant la remise du suspect arrêté en Italie.
«Les billets sont de très bonne qualité», confie au Figaro une source proche du dossier. Ce vendredi 6 février, les autorités italiennes ont interpellé et placé en garde à vue un ressortissant français, visé par un mandat d’arrêt européen dans le cadre d’un vaste trafic international de fausse monnaie, précise cette même source. «Nous attendons désormais que les autorités italiennes nous le remettent», ajoute-t-elle.
Cette nouvelle arrestation - la septième dans ce dossier - s’inscrit dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le parquet de Rennes en juillet 2024, nous confirme ce dernier. Les faits remontent à la fin juin, lorsque la brigade de la criminalité financière d’Ille-et-Vilaine a recensé «quarante cas de mise en circulation de faux billets de 50 euros», selon une source policière. Les premières investigations, menées sous la direction du parquet, ont ensuite révélé un trafic structuré couvrant «sept départements de l’ouest de la France et ciblant principalement des commerces ruraux», précise cette dernière.
Au fil des vérifications, plusieurs noms émergent dont Mohammed F., «délinquant multirécidiviste originaire du Val-d’Oise», qui serait selon notre source, à la tête de cette équipe chargée d’écouler les faux billets. Au total, «105 autres faits similaires» lui seraient imputés, commis sur l’ensemble du territoire.
Le 31 juillet 2024, les enquêteurs décident de frapper un premier grand coup. Le «bras droit de Mohammed F., Souareba G.», est interpellé et incarcéré dans la foulée. Dans la continuité, une information judiciaire est ouverte par le parquet de Rennes, en co‑saisine avec l’Office central pour la répression du faux-monnayage (OCRFM).
Grâce à ces premières avancées et à des investigations approfondies - interceptions téléphoniques, surveillances et autres techniques spéciales d’enquête - les policiers découvrent que Mohammed F. aurait «poursuivi ses activités depuis l’Italie», indiquent au Figaro plusieurs sources concordantes. Il travaillerait avec un«fournisseur basé à Naples et un logisticien ukrainien», organisant l’acheminement de faux billets vers la France «par colis aériens.»
Selon notre source policière, ces envois transitaient via des sociétés de transferts de fonds. Avec cette découverte, l’OCRFM et la division de la criminalité organisée et spécialisée du Rhône ont «saisi 590 fausses coupures de 50 euros» lors de surveillances menées à Lyon et à Paris.
Pris en flagrant délit, Cheikh Sadibou G. est arrêté «le 5 septembre 2024 en région parisienne alors qu’il récupérait un colis contenant 293 faux billets.» Il est «mis en examen et placé sous contrôle judiciaire», précise deux sources concordantes.
Après exploitation des éléments recueillis et identification des comparses en Italie, la brigade de la criminalité financière d’Ille‑et‑Vilaine, épaulée par la division spécialisée du Rhône, lance une opération d’envergure le 10 décembre 2024 : Mohammed F., sa compagne et sa «nourrice» sont interpellés.
Au domicile de cette dernière, une somme d’environ «mille euros» est saisie. Interrogée, elle reconnaît avoir «rendu un service à un ami d’enfance», sans mesurer l’ampleur de l’affaire. De son côté, la compagne du principal suspect, affirmant «ignorer les activités de son compagnon», est relâchée à l’issue de sa garde à vue. Quant à Mohammed F., désigné comme le cerveau du réseau, il «nie en bloc les faits» malgré les éléments accablants, assure notre source policière. Il est présenté au juge d’instruction, «mis en examen et écroué.»
Après son incarcération, l’enquête se concentre sur les autres protagonistes de ce trafic international. Les enquêteurs parviennent à établir la responsabilité de Cheikh Sadibou G. et d’un certain Alpha D.. Tous deux sont «arrêtés le 2 février 2026 en région parisienne». Chez Cheikh Sadibou G., 295 euros sont saisis tandis que sept faux billets de 20 euros et quatre de 50 euros sont retrouvés chez Alpha D.
Avec cette dernière arrestation en Italie, les enquêteurs ont pu remonter sur «un certain nombre de participants» sans que cela puisse complètement démanteler le réseau, explique notre source judiciaire.«Six individus sont aujourd’hui mis en examen, plus ce dernier actuellement détenu en Italie. Trois sont incarcérés, les trois autres placés sous contrôle judiciaire», indique cette dernière. «Certains contestent toute implication ; d’autres admettent avoir acheté quelques faux billets, contraints de reconnaître les faits devant les preuves.»
La remise du suspect interpellé en Italie est attendue dans les prochains jours tandis que les investigations se poursuivent, indique le Parquet de Rennes au Figaro.
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