Drogue : de plus en plus de cocaïne et de kétamine détectées dans les eaux usées européennes
Une étude révèle une hausse significative des résidus de cocaïne et de kétamine dans les eaux usées en Europe, contrastant avec une baisse de la MDMA
Les résidus de cocaïne et de kétamine dans les eaux usées ont fortement augmenté l’an dernier par rapport à 2024, selon une étude publiée mercredi. La MDMA, principe actif de l’ecstasy, est en nette baisse. L’étude témoigne « d’un phénomène de consommation de drogues à la fois généralisé, varié et en constante évolution », explique dans un communiqué Lorraine Nolan, directrice de l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA, ex-EMCDDA), qui a réalisé le projet en association avec le réseau de chercheurs Score.
Des échantillons quotidiens d’eaux usées municipales ont été prélevés sur une période d’une semaine entre mars et mai 2025 dans les zones de captage de stations d’épuration dans 115 villes de 25 pays (23 pays de l’Union européenne, Norvège et Turquie). Ces échantillons d’eaux usées de 72 millions de personnes ont été analysés pour détecter des traces de kétamine, de cocaïne, de MDMA, de méthamphétamine, d’amphétamine et de cannabis. Si la présence dans les eaux usées des trois dernières substances a varié d’une ville à l’autre, celle de kétamine a progressé dans la majorité des villes l’an dernier.
La charge totale de kétamine a augmenté de près de 41 % entre 2024 et 2025, et les niveaux les plus élevés ont été observés dans des villes belges, allemandes et néerlandaises étudiées. Quant à la cocaïne, sa présence dans les égouts a elle aussi augmenté, de 22 % en 2025, et reste élevée dans les villes d’Europe occidentale et méridionale selon le rapport, « en particulier en Belgique, en Espagne et aux Pays-Bas, bien que des traces aient été trouvées dans la plupart des villes d’Europe orientale ».
En revanche, pour la MDMA, la majorité des localités ont signalé une baisse des détections entre 2024 et 2025. Cette diminution a été la plus marquée dans les eaux usées des villes d’Allemagne, d’Autriche et de Slovénie, et est « plus importante que celle observée en 2020, lorsque près de la moitié des villes avaient signalé des baisses pendant les fermetures des lieux de vie nocturne liées au Covid-19 », expliquent les auteurs. Par ailleurs, l’analyse des eaux usées permet aussi de détecter des fluctuations dans les usages hebdomadaires de drogues : ainsi, dans trois villes étudiées sur quatre, les traces de benzoylecgonine (principal métabolite de la cocaïne) et de MDMA dans les eaux usées sont plus élevées pendant le week-end (du vendredi au lundi) qu’en semaine.
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