Ruben Rocha Moya, le gouverneur de l’Etat mexicain de Sinaloa accusé de narcotrafic par les Etats-Unis, se retire temporairement de ses fonctions
Ce membre du parti Morena, au pouvoir dans le pays, gouvernait son Etat depuis 2021. Il est accusé, avec neuf autres responsables mexicains, d’être lié au cartel de Sinaloa, désigné comme organisation terroriste par l’administration Trump.
Ruben Rocha Moya, le gouverneur de l’Etat mexicain de Sinaloa accusé par la justice américaine d’entretenir des liens avec le narcotrafic, a annoncé, vendredi 1er mai, qu’il se mettait en retrait de ses fonctions afin de faciliter les investigations du parquet.
Dans une vidéo postée sur YouTube, M. Rocha Moya a fait savoir qu’il avait déposé, « auprès du Congrès de l’Etat, une demande de congé temporaire de [s]es fonctions de gouverneur ». Ce membre du parti Morena, au pouvoir au Mexique, gouverne depuis 2021 ce territoire situé dans le nord-ouest du pays. Sous son mandat, cet Etat a connu violent affrontement entre factions du cartel du même nom.
Le parquet fédéral de New York a accusé, mercredi, le gouverneur ainsi que neuf autres responsables mexicains, actuels ou anciens, de s’être associés au cartel de Sinaloa « pour distribuer des quantités massives de stupéfiants aux Etats-Unis ». Des accusations « mensongères et malveillantes », s’est ensuite défendu, vendredi, M. Rocha Moya.
Le parquet général du Mexique a aussi annoncé, mercredi, l’ouverture d’une enquête à l’égard des personnes visées par la justice américaine, afin de « déterminer s’il existe des éléments de preuve », avant d’affirmer, vendredi, qu’il n’y avait pas de preuves suffisantes pour placer en détention provisoire le gouverneur.
Ruben Rocha Moya est considéré comme proche de l’ex-président de gauche, Andrés Manuel Lopez Obrador.
La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, avait demandé, jeudi, aux Etats-Unis de fournir des preuves « irréfutables » dans ce dossier. Vendredi, elle a en outre averti qu’elle ne permettrait à aucun « gouvernement étranger »de violer la souveraineté mexicaine, sans toutefois faire explicitement référence aux Etats-Unis ni aux accusations.
Le gouvernement de Donald Trump fait pression depuis des mois sur le Mexique pour qu’il mette un terme au trafic de drogue vers son territoire, en particulier celui du fentanyl, et menace d’imposer des droits de douane comme sanction ou de recourir à ses troupes pour traquer les narcotrafiquants sur le territoire mexicain.
En réponse, le gouvernement Sheinbaum a augmenté les saisies et intensifié les opérations contre les barons de la drogue dans le pays, tels Nemesio Oseguera, alias « El Mencho », mort en février au terme d’une intervention de l’armée.
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