"Un comportement atroce": le Ghana demande l'extradition d'un Russe accusé d'avoir filmé en cachette ses relations sexuelles
Le ministère des Affaires étrangères du Ghana a demandé ce mardi 17 février l'extradition d'un ressortissant russe. L'homme se serait rendu dans le pays d'Afrique de l'Ouest pour filmer ses relations sexuelles avec des femmes, sans leur consentement, avant de publier les vidéos sur les réseaux sociaux. Des faits similaires sont reprochés au même homme au Kenya.
Il s'est auto-proclamé "artiste de la drague", selon les médias africains et russes. Ce ressortissant russe présumé est accusé de s'être rendu au Kenya et au Ghana pour filmer plusieurs femmes, à leurs insu, au cours de leurs relations sexuelles.
L'homme, d'une trentaine d'années, est présenté comme un blogueur et un "séducteur" dans les médias africains et russes. Il aurait utilisé des lunettes de soleil équipées d'une caméra intégrée pour filmer plusieurs rencontres avec des femmes ghanéennes et kenyanes. Le ressortissant russe présumé aurait ensuite publié ces vidéos sur les réseaux sociaux. Ces informations diffusées dans la presse n'ont pas encore été confirmées par les autorités ghanéennes et kenyanes, affirme la BBC.
Dans un communiqué de presse diffusé mardi 17 février, le ministre des Affaires étrangères du Ghana, Sam Okudzeto Ablakwa, a déclaré que l'ambassadeur russe avait été convoqué sur ses instructions pour protester contre "le comportement illégal d'un ressortissant russe présumé". Le ministre explique que cette convocation a pour objectifs d'exprimer "le profond mécontentement du gouvernement ghanéen face au comportement atroce du présumé Russe, qui enfreint clairement la loi ghanéenne, et solliciter la coopération de la Russie pour que justice soit faite".
Les autorités russes n'ont pas reconnu le suspect comme étant un ressortissant russe, d'après le communiqué. Le document affirme néanmoins, en guise de conclusion, que "le ministère des Affaires étrangères tient à assurer le grand public de son engagement à tirer parti des relations bilatérales cordiales entre le Ghana et la Russie".
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Le ministre de la Communication et des Technologies, Sam Nartey George, a lui aussi indiqué avoir invité l'ambassadeur russe à s'entretenir à propos de l'incident présumé. Il a déclaré que les actes du suspect constitueraient une violation de la législation ghanéenne en matière de cybercriminalité.
Le ministère ghanéen du Genre, de l'Enfance et de la Protection sociale a annoncé que le suspect avait sûrement quitté le pays, en s'appuyant sur les résultats d'une enquête préliminaire. La possible fuite "ne diminue en rien la gravité des faits reprochés ni la responsabilité de l'État de poursuivre les auteurs de ces actes", a insisté le ministre.
Sam Nartey George a indiqué que le Ghana demanderait la coopération de Moscou et collaborerait avec l'agence internationale de police Interpol pour retrouver le suspect. "Nous voulons qu'il soit renvoyé au Ghana pour y être jugé", a déclaré le ministre, ajoutant que les autorités étaient prêtes à utiliser tous les moyens légaux à leur disposition pour retrouver le blogueur.
Le même homme est accusé de faits illégaux similaires au Kenya, rapporte la BBC. Les actes ont été qualifiés de cas "grave" de violence sexiste par la ministre kenyane du Genre, de la Culture et des Services à l'enfance, Hanna Cheptumo, citent nos confrères. La ministre kenyane a publié sur X ce lundi 16 février, mentionnant un "ressortissant étranger" ayant "enregistré secrètement et propagé des images intimes de femmes kenyanes sans leur consentement".
"Les agences de sécurité, d'enquête et de poursuites compétentes ont été chargées de poursuivre l'affaire de toute urgence, y compris en collaboration avec les autorités internationales, compte tenu de la nature transfrontalière de l'affaire" est-il également écrit dans le communiqué. Une loi kenyane de 2018 prévoit jusqu'à deux ans de prison pour la publication d'images intimes d'une autre personne, avec ou sans son consentement, détaille la BBC.
Selon la chaîne panafricaine Africa News, la loi ghanéenne de 2020 sur la cybersécurité prévoit des peines pouvant aller jusqu'à 25 ans d'emprisonnement pour la publication d'images intimes sans le consentement explicite de ses acteurs.
Les autorités ghanéennes assurent qu'elles procéderont à une demande officielle d'extradition, bien que la Russie extrade très rarement ses propres citoyens. Sam Nartey George a affirmé que si le suspect refusait de revenir, l'affaire pourrait être jugée en son absence, conformément à la législation ghanéenne.
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