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À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, des organisations de la société civile (OSC) haussent le ton et interpellent les autorités ivoiriennes sur une réalité jugée alarmante : le coût du certificat médical, pièce essentielle dans les procédures judiciaires liées aux violences basées sur le genre (VBG).
Dans un communiqué rendu public le 8 mars 2026 à Abidjan, ces organisations dénoncent une « barrière inacceptable à l’accès à la justice ». En ligne de mire, les frais d’environ 50 000 FCFA que doivent encore débourser les survivantes, notamment en cas de viol, pour obtenir ce document clé. Une situation qui, selon elles, fragilise considérablement les dossiers judiciaires. « Sans certificat médical, les procédures s’affaiblissent et les chances d’obtenir justice s’effondrent », alertent-elles.
Les OSC s’appuient sur des chiffres officiels pour illustrer l’ampleur du phénomène. L’annuaire statistique 2023 du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant fait état de 8 862 cas de VBG, dont 1 091 viols (12,31 %). En 2024, 9 607 cas ont été enregistrés, parmi lesquels 920 viols (9,58 %). Une tendance confirmée par le rapport 2025 du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), publié en février 2026, qui souligne une progression des violences.
Pour les organisations, ces données traduisent une réalité bien concrète : « ce ne sont pas de simples statistiques, mais des vies brisées ». Elles estiment que le maintien de frais pour le certificat médical aggrave la vulnérabilité des victimes et favorise l’impunité des auteurs, avec des conséquences parfois dramatiques, allant jusqu’aux féminicides.
Si elles reconnaissent l’existence du mécanisme de réquisition censé garantir la gratuité du certificat médical, les OSC déplorent toutefois son application encore limitée sur le terrain.
Tout en saluant l’engagement du président de la République, Alassane Ouattara, réaffirmé le 8 mars 2026 en faveur des droits des femmes, elles appellent à des mesures concrètes. Elles exhortent notamment le gouvernement, à travers le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, à rendre effective la gratuité du certificat médical et des soins pour toutes les survivantes de VBG.
Regroupées au sein de la Coalition pour la gratuité du certificat médical, qui rassemble une centaine d’organisations nationales et internationales, ces OSC entendent poursuivre leur plaidoyer pour un accès équitable à la justice et un renforcement de la lutte contre les violences faites aux femmes en Côte d’Ivoire.
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