Dans les rues de Bouaké, la deuxième ville la plus peuplée du pays après Abidjan, le 15 octobre 2015. © Sylvain Cherkaoui pour J.A.
Des militaires réclamant le paiement de primes, entre autres revendications, ont lancé vendredi un mouvement de contestation à Bouaké et dans plusieurs autres villes de Côte d'Ivoire. Le gouvernement a lancé un appel au calme.
C’est à Bouaké, deuxième ville du pays, que la contestation a démarré. « Dans la nuit du 5 au 6 janvier, aux environs de 0h30, un groupe de militaires a fait irruption à l’état-major de la 3ème région militaire en faisant usage d’armes à feu », a déclaré dans un communiqué le ministère de la Défense. Un ex-rebelle présent à Bouaké a déclaré à Jeune Afrique : « Ils ont effectué des tirs sporadiques en l’air à l’arme légère, non lourde, au niveau du 3e bataillon. Un groupe de militaires a ensuite fait sortir les policiers de la préfecture de police, avant de bloquer les accès Nord et Sud de la ville. »
Des mouvements similaires ont été signalés dans plusieurs villes, à Korhogo, Daloa et Daoukro, le fief de l’ancien président Henri Konan Bédié. En fin de journée à Daloa, « la situation était calme mais les soldats toujours en ville », rapportait une source locale. À Bouaké, aucune voiture ne circulait. L’entrée Sud de la ville était toujours bloquée par trois barrages de mutins très nerveux interdisant toute entrée ou sortie. Le préfet a brièvement rencontré les contestataires devant la préfecture de police.
À Bouaké, les contestataires ont précisé aux autorités militaires leurs doléances. Elles sont principalement salariales : paiement de primes, augmentation de salaire, réduction du temps à passer dans les grades, éclaircissement sur les primes de l’Ecomog (la Force armée de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao).
Selon plusieurs sources, les contestataires disent agir au nom de 8 400 sergents et réclameraient 10 millions de F CFA chacun et une villa. Un autre élément – dont le communiqué du gouvernement ne fait pas état – serait à l’origine de la colère : l’ouverture prochaine à Bouaké d’une session du tribunal militaire, qui siège d’habitude à Abidjan.
Dans son communiqué, le ministère de la Défense précise que « le Commandant en second de la troisième région militaire de Bouaké et le commandant du Bataillon d’Artillerie Sol-Sol présents à l’état-major sont rentrés en discussions avec le groupe » et qu’une série de mesures ont été décidées : « mise en alerte des troupes, renforcement des emprises militaires. Il est demandé à tous les soldats de garder leur calme en vue de permettre la recherche de solutions durables pour l’ensemble des composantes des forces armées de Côte d’Ivoire », ajoute le texte.
Enfin, deux escadrons sénégalais de la force de réaction rapide de l’Onuci basée à Yamoussokro ont été envoyés à Bouaké dans l’après-midi pour prévenir toute détérioration de la situation, en appui des autorités, ... Lire la suite l'article sur jeuneafrique
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