Les États-Unis annoncent avoir «saisi» un pétrolier russe dans l'Atlantique Nord
Les États-Unis ont annoncé mercredi 7 janvier avoir « saisi » dans l'Atlantique Nord un pétrolier battant pavillon russe poursuivi depuis plusieurs jours par les garde-côtes américains dans le cadre du blocus de Washington visant des pétroliers liés au Venezuela. Peu après, Washington a également annoncé l'interception, en mer des Caraïbes, d'un navire de transport d'hydrocarbures « sans pavillon » et visé par des sanctions américaines, qui va être escorté vers les États-Unis.
C'est une véritable opération militaire digne de la Guerre froide qui s'est déroulée en plein Atlantique Nord. Entre l'Écosse et l'Islande, la marine américaine a débarqué à bord du Bella 1 via un hélicoptère. Le pétrolier, suivi à la trace par les avions de patrouille maritime Poséidon américains, se dirigeait vers l'Arctique russe. L'opération américaine dans l'Atlantique Nord est intervenue quelques heures après des informations de presse selon lesquelles la Russie avait envoyé au moins un bâtiment de sa marine pour escorter le pétrolier.
« Le ministère de la Justice et le ministère de la Sécurité intérieure, en coordination avec le ministère de la Guerre, ont annoncé aujourd'hui la saisie du Bella 1 pour violation de sanctions américaines », a écrit sur X le commandement militaire américain pour l'Europe, photo des garde-côtes à l'appui. Le ministère de la Défense britannique a annoncé avoir apporté un soutien opérationnel, « à la suite d'une demande d'assistance des États-Unis. »
Le blocus du pétrole vénézuélien illégal et sanctionné est pleinement en place, partout dans le monde », a écrit sur X Pete Hegseth, le ministre américain de la Guerre. Washington considère que le pétrolier saisi mercredi n'avait pas de pavillon, a expliqué la porte-parole de la Maison Blanche, alors que Moscou affirme l'avoir autorisé temporairement à naviguer sous pavillon russe. « Il s'agit d'un navire de la flotte fantôme vénézuélienne qui a transporté du pétrole visé par des sanctions américaines. Ce navire a été déterminé comme étant sans pavillon après avoir navigué sous un faux drapeau, et il était visé par une ordonnance judiciaire de saisie. C'est pour cette raison que l'équipage sera poursuivi », a déclaré Karoline Leavitt à des journalistes.
Moscou a rapidement dénoncé l'usage de la force par Washington. « Conformément aux dispositions de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, en haute mer s'applique le régime de liberté de navigation, et aucun État n'a le droit d'employer la force à l'encontre de navires dûment immatriculés dans la juridiction d'autres États », a déclaré le ministère russe des Transports. Il a précisé que le Marinera avait obtenu le 24 décembre une « autorisation provisoire » de naviguer sous pavillon russe et que lorsque les forces navales américaines sont montées à bord, « la communication avec le navire a été perdue ».
La Russie a également demandé aux États-Unis d'assurer le « retour rapide » dans leur pays des membres d'équipage russe se trouvant à bord. « Nous exigeons de la partie américaine qu'elle leur assure un traitement humain et digne, qu'elle respecte scrupuleusement leurs droits et leurs intérêts, et qu'elle ne fasse pas obstacle à leur retour rapide dans leur patrie », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères, cité par l'agence de presse TASS, sans préciser combien de Russes se trouvent à bord.
Le Bella 1, son nom d'origine, est sous sanctions américaines depuis 2024 pour ses liens présumés avec l'Iran et le groupe chiite libanais Hezbollah. Rebaptisé depuis peu Marinera et battant désormais pavillon russe. Le nom et le statut exact du navire font l'objet de désaccords. Selon la ministre américaine de la Sécurité intérieure Kristi Noem, ce pétrolier a changé de pavillon et peint un nouveau nom sur sa coque « dans une tentative désespérée et vaine d'échapper à la justice. »
Il se trouvait mercredi vers 07H00 TU dans la zone économique exclusive de l'Islande, après une traversée de l'océan Atlantique dans les eaux internationales, selon les données de suivi maritime de Bloomberg. Il était poursuivi depuis le 21 décembre par les garde-côtes américains alors qu'il était en route pour le Venezuela et ne transportait pas de cargaison, selon le site spécialisé TankerTrackers. Les garde-côtes américains avaient tenté une première fois d'intercepter le pétrolier le mois dernier au large du Venezuela, mais l'équipage avait refusé de les laisser monter à bord.
Kristi Noem a publié une vidéo montrant un hélicoptère qui s'approche du pont d'un pétrolier et des soldats qui en descendent puis grimpent des escaliers vers la passerelle, sans préciser de quel navire il s'agit. Cette saisie intervient après que le pétrolier a contourné le blocus maritime américain dans la mer des Caraïbes. Et cette saisie est véritablement de nature à attiser vivement les tensions avec Moscou, d'autant plus que, précisent les autorités américaines, lors de la prise du Bella 1, des navires militaires russes, dont un sous-marin, naviguaient à proximité.
Le pétrolier intercepté mercredi dans les Caraïbes, le Sophia, était selon Washington « sans pavillon et sous sanctions ». Il est escorté vers les États-Unis où il doit être « immobilisé », précise l'armée américaine. Selon le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, Caracas coopère avec Washington sur le sujet.
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