Prostitution des mineurs en France : Une hausse alarmante de 43 % en quatre ans
Le dernier rapport de l'Observatoire national des violences faites aux femmes, publié le 10 avril 2026, dresse un constat effrayant : l'exploitation sexuelle des enfants ne se contente pas de persister, elle explose. En 2025, 704 mineures ont été identifiées comme victimes, marquant un bond de 43 % par rapport à 2021.
Les données révèlent une réalité genrée et sociale très précise :
Sur le plan judiciaire, les forces de l'ordre distinguent deux réalités : 416 cas relèvent du proxénétisme pur, tandis que 288 sont classés sous l'intitulé de "prostitution".
La rue n'est plus le principal lieu de recrutement. Aujourd'hui, l'exploitation est "uberisée" et facilitée par les outils numériques. L'association L'Amicale du Nid souligne que 86 % des jeunes accompagnées ont été contactées via des plateformes comme Snapchat.
Les méthodes ont également évolué. Les « lover boys » utilisent les réseaux sociaux pour séduire et placer les victimes sous emprise en leur faisant miroiter un gain facile. L'utilisation d'appartements de location de courte durée rend le travail de repérage et d'enquête particulièrement complexe pour la police.
Alors que la prostitution des adultes a reculé de 8 % depuis 2021, celle des mineurs suit la courbe inverse. Cette dérive suscite une vive réaction chez les acteurs de terrain qui récusent le terme même de "prostitution".
« Un mineur ne se prostitue pas. Il est corrompu, exploité, violé. »
Malgré un doublement des condamnations pour proxénétisme entre 2017 et 2024, le maillon faible reste la répression des clients. En 2025, seules 1 442 contraventions ont été dressées à leur encontre, un chiffre dérisoire face à l'ampleur du phénomène.
La ministre Aurore Bergé reconnaît une "reconfiguration" de l'exploitation sexuelle. Pourtant, malgré les lois de 2016 et les plans d'action successifs (2021, 2024), la protection des plus jeunes semble inadaptée face à la rapidité des réseaux numériques et à la demande persistante.
La question n'est plus de savoir si le phénomène existe, mais si nos institutions ont encore les moyens de l'enrayer avant qu'il ne s'installe définitivement dans l'angle mort de la société.
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