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Afrique du Sud : L’armée face aux gangs, un remède qui divise

Auteur: Ivoirematin

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Afrique du Sud : L’armée face aux gangs, un remède qui divise

Le gouvernement sud-africain passe à l’offensive. Le ministre de la Police par intérim a confirmé le déploiement imminent des forces armées (SANDF) pour tenter de juguler l'explosion de la violence criminelle. Si l'urgence est réelle, l'efficacité de cette stratégie militaire en zone civile fait largement débat.

Un déploiement stratégique sous haute tension

Prévue d'ici la fin février, cette intervention militaire vise à prêter main-forte à une police totalement dépassée. Les opérations se concentreront sur trois zones rouges :

  1. Le Cap-Occidental : Territoire historique de la guerre des gangs.
  2. Le Gauteng (Johannesburg, Pretoria) : En proie à la violence liée à l'exploitation minière illégale.
  3. Le Cap-Oriental : Où des villes comme Port Elizabeth connaissent une flambée inédite du crime organisé.

Avec une moyenne effrayante de 60 homicides par jour, l'État sud-africain tente un coup de force pour reprendre le contrôle de quartiers transformés en champs de bataille pour la drogue ou l'or.

Une solution de facilité critiquée

Malgré l'annonce, la classe politique et les experts tirent la sonnette d'alarme. L'armée est-elle vraiment l'outil adapté ?

« Les soldats ne sont pas des policiers. Ce déploiement doit rester temporaire ; l'essentiel est de rebâtir une police compétente. » — Mmusi Maimane, dirigeant du parti BOSA.

Les critiques s'articulent autour de trois axes principaux :

  1. L'inadaptation des troupes : Les militaires ne sont pas formés pour l'interaction avec les civils ou le maintien de l'ordre urbain.
  2. Un aveu de faiblesse : Pour beaucoup, solliciter l'armée souligne l'échec structurel de la police nationale.
  3. Un gouffre financier : Déjà sous-financée et en pleine restructuration (suite à son retrait récent de la Monusco en RDC), l'armée sud-africaine n'aurait pas les moyens logistiques et budgétaires pour cette mission intérieure.

Un précédent peu encourageant

L'histoire semble se répéter. En 2019, des troupes avaient déjà été envoyées dans les quartiers sensibles du Cap. Résultat ? Un répit de courte durée, mais aucun impact durable sur les structures du crime organisé. Pour les chercheurs comme John Stupart, sans une réforme profonde des forces de police, l'intervention militaire ne reste qu'un « pansement » sur une plaie ouverte.

Auteur: Ivoirematin
Publié le: Jeudi 19 Février 2026

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