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Au Sénégal, le député de l'opposition Abdou Mbow expulsé du Parlement lors des débats houleux sur la réforme de la Constitution

Auteur: tv5monde

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Au Sénégal, le député de l'opposition Abdou Mbow expulsé du Parlement lors des débats houleux sur la réforme de la Constitution

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Le Parlement sénégalais a été le théâtre de vives tensions, ce lundi 29 juin, lors de l’examen d’une révision partielle de la Constitution. Le député de l’opposition Abdou Mbow a été évacué de l’hémicycle après avoir vivement dénoncé cette réforme portée par le Pastef, parti majoritaire à l’Assemblée nationale dirigé par Ousmane Sonko.

"Vous n'êtes pas des démocrates, vous êtes des fascistes", lance Abdou Mbow, vice-président de l'Assemblée nationale et député de l'opposition. Face à lui, 135 des 165 députés que compte le Parlement sont réunis, ce lundi 29 juin, pour voter une révision partielle de la Constitution sénégalaise.

Après son discours, le vice-président de l'Assemblée nationale a refusé de quitter son pupitre et a finalement été évacué de l'enceinte de l'hémicycle de manière musclée par des policiers. Quelques minutes plus tôt, plusieurs députés du parti majoritaire Pastef avaient tenté d'évacuer le député par la force, témoignant des tensions du débat.

Abdou Mbow reproche au Pastef, le parti majorité à l’Assemblée nationale de porter des reformes de la Constitution qui conduiraient à "modifier le centre de gravité" des institutions sénégalaises. "Elles auraient pour effet de transférer une part essentielle de l’autorité politique issu de l’élection présidentiel vers une majorité parlemente avec à sa tête un président illégitime", affirme-t-il au pupitre, en parlant d’Ousmane Sonko, président de l'Assemblée nationale et ex-Premier ministre. 

Un Parlement aux prérogatives renforcées

Cette réforme s'appuie sur un avant-projet élaboré par la présidence en avril dernier, dans le prolongement des recommandations des Assises de la Justice de 2024 et du Dialogue national sur le système politique de 2025.

Le texte prévoit plusieurs changements institutionnels. Parmi les principales mesures figurent un encadrement plus précis de la notion de haute trahison du chef de l'État, la limitation du pouvoir présidentiel de dissoudre l'Assemblée nationale à une seule reprise par mandat, ainsi que l'obligation pour le président de déclarer son patrimoine non seulement à son entrée en fonction, mais aussi à la fin de son mandat.

Le texte renforce également les pouvoirs de l'Assemblée nationale. Les députés pourront élargir leurs commissions d'enquête en auditionnant toute personne jugée utile à leurs travaux, dans le respect des immunités prévues par la Constitution. Le gouvernement devra aussi informer le Parlement de toute convention d'investissement concernant les ressources naturelles.

Autre évolution importante : les prérogatives du Premier ministre sont renforcées. La politique de la Nation sera désormais définie en concertation avec le président de la République, alors qu'elle relevait jusqu'ici exclusivement du chef de l'État. La réforme prévoit également la création d'une Cour constitutionnelle composée de neuf membres. En revanche, le mode d'élection du président de la République et la limitation du nombre de mandats restent inchangés.

L'opposition réclame un référendum

Ces modifications sont contestées par l'opposition. La coalition Diomaye Président, qui rassemble plusieurs anciens alliés du chef de l'État, réclamait le retrait du texte. Sa superviseure générale, Aminata Touré, estime que cette réforme "dénature complètement le régime présidentiel" et considère qu'elle aurait dû être soumise à référendum afin que les Sénégalais puissent se prononcer directement.

Le Pastef rejette ces critiques. Pour Mohamed Ayib Daffé, président du groupe parlementaire, le temps est venu de traduire en actes les conclusions des concertations nationales : "Pour un pays qui veut avancer, on ne peut pas être dans un dialogue éternel. Après le dialogue et la concertation, les institutions doivent jouer leur rôle et prendre leurs responsabilités."

Des "divergences" d’orientations politiques 

Cette réforme intervient dans un contexte de tensions entre le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, et le président Bassirou Diomaye Faye. L'ancien Premier ministre sénégalais a été démis de ses fonctions le 22 mai dernier, avant d’être nommé président de l'Assemblée nationale.

Mais lors d'une interview accordée à nos confrères de RFI et France 24, le lundi 15 juin, Ousmane Sonko a écarté toute idée de rupture avec le président Bassirou Diomaye Faye. Il a toutefois assumé des "divergences" sur certaines orientations politiques et s'est montré ferme sur les dossiers de la dette et des lois sociétales.

Auteur: tv5monde
Publié le: Lundi 29 Juin 2026

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