Éthiopie : Le Tigré défie Addis-Abeba en portant le chef du TPLF au perchoir
Le fossé se creuse de nouveau entre le gouvernement fédéral éthiopien et la région du Tigré. Le 5 mai 2026, Debretsion Gebremichael, figure historique et chef du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), a été élu président du Parlement régional. Cette nomination marque une rupture franche avec le pouvoir central et fragilise l'équilibre précaire instauré depuis la fin de la guerre civile.
L'élection de Debretsion Gebremichael n'est pas qu'un simple changement de tête ; elle signifie, pour le TPLF, la fin de l'administration intérimaire.
Cette décision ne fait pas l'unanimité, même au sein du camp tigréen. Le général Tadesse Werede, qui présidait l'administration intérimaire et passait pour un modéré, a ouvertement exprimé son désaccord, révélant des fissures au sein du TPLF.
Du côté d'Addis-Abeba, l'irritation est à son comble. Le Premier ministre Abiy Ahmed considère ce Parlement comme une entité illégale. Pour rappel, c'est une dispute similaire sur la tenue d'élections régionales en 2020 qui avait mis le feu aux poudres, déclenchant un conflit dévastateur ayant causé la mort d'environ 600 000 personnes.
Les observateurs internationaux s'inquiètent d'un retour aux armes.
« Ces manœuvres incessantes du TPLF pourraient facilement déboucher sur un conflit désastreux. »
— Abel Abate Demissie, chercheur à Chatham House.
Le TPLF en bref :
Cette élection replace l'Éthiopie sur une trajectoire d'instabilité, alors que les plaies de la guerre précédente sont encore loin d'être refermées.
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