Mali: "Le régime va tomber", affirme le porte-parole des rebelles touareg du FLA
Le porte-parole des rebelles du Front de libération de l'Azawad (FLA) a affirmé ce mercredi 29 avril que le pouvoir à Bamako "va tomber tôt ou tard", tout en déclarant que la Russie qui le soutient doit "définitivement" quitter le pays. La veille, le président malien Assimi Goïta a affirmé que la situation était d'une "extrême gravité" mais qu'elle était "maîtrisée". Les forces militaires maliennes ont frappé la ville de Kidal, reprise par le FLA, il y a quelques jours.
"Le régime va tomber, tôt ou tard. Il va tomber, ils n'ont pas de solution pour se maintenir au pouvoir (...) Face à l'offensive du FLA pour récupérer le territoire de l'Azawad (nord du Mali, ndlr) d'un côté, et l'offensive des autres (les djihadistes du JNIM, ndlr) sur Bamako et d'autres villes, ils ne pourront pas tenir", a affirmé ce mercredi 29 avril dans un entretien à l'Agence France Presse Mohamed Elmaouloud Ramadane, de passage à Paris.
"Pour aller à la paix, pour trouver la stabilité dans l'Azawad, dans le Mali et au-delà dans le Sahel, je pense que la première des choses, c'est de faire partir cette junte", a-t-il ajouté. Selon lui, "la situation est loin d'être sous contrôle" de la junte, comme l'a revendiqué la veille son chef Assimi Goïta.
Le FLA, composé de communautés touareg, peules et arabes notamment, s'est emparé le week-end dernier de la ville stratégique de Kidal, bastion historique du FLA qui avait été récupéré par les autorités maliennes, forçant les paramilitaires russes de l'Africa Corps à s'en retirer. La région de Kidal "aujourd'hui est à 80% sous notre contrôle", selon lui.
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Les indépendantistes ont dorénavant l'intention de s'emparer des autres régions du nord du pays. "Nous avons déjà libéré Kidal, Taoudénit était déjà sous notre contrôle, Gao, Tombouctou et Menaka aussi seront nos prochains objectifs à libérer", a confié Mohamed Elmaouloud Ramadane. "Notre objectif est que la Russie se retire définitivement de l'Azawad (nord du Mali, ndlr) et au-delà, de tout le Mali", a-t-il également déclaré.
"Toutes les confrontations que nous avons eues avec les Russes, nous les avons gagnées", a-t-il rappelé, précisant que les forces russes avaient été "escortées de Kidal jusqu'à la localité d'Anefis", au sud-ouest de la ville. Mais, a-t-il assuré, "nous n'avons pas de problème particulièrement avec la Russie, ni avec aucun autre pays, notre problème c'est avec le régime qui gère Bamako".
Toujours à Kidal, l'armée malienne a mené des frappes aériennes sur cette ville du nord du Mali, selon une source sécuritaire et des indépendantistes touareg. "Nous avons mené quelques frappes visant le camp militaire (de Kidal) et des combattants qui se trouvaient au niveau du gouvernorat (de la ville). Nous ne comptons laisser aucun répit à ces ennemis", a affirmé une source de sécurité.
L'information sur ces frappes aériennes a ensuite été confirmée par un responsable du FLA. Un aéronef "a effectué des frappes cet après-midi (mercredi sur Kidal, NDLR). Aucune perte humaine signalée", a indiqué, sur les réseaux sociaux, Attaye Ag Mohamed, selon lequel ces frappes ont entraîné une riposte des "batteries aériennes" de la rébellion.
La fébrilité règne au Mali trois jours après des attaques sans précédent des djihadistes du JNIM alliés aux indépendantistes touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA). Ces derniers continuent d'avancer dans le nord face à un gouvernement plus affaibli que jamais et dans une "situation difficile", de l'aveu même de son allié russe.
Le chef du gouvernement malien Assimi Goïta, dont on ignorait le sort depuis les attaques, a fait une apparition à la télévision malienne mardi soir. L'absence et le silence du leader malien ont nourri ces derniers jours des spéculations sur sa capacité à se maintenir au pouvoir, alors que son ministre de la Défense, Sadio Camara, un des principaux responsables du régime, a été tué lors de l'une des attaques.
"Le plan funeste de l'ennemi a été déjoué avec la neutralisation d'un nombre important d'assaillants", a déclaré le chef de l'État lors d'un discours diffusé sur la chaîne publique malienne ORTM, assurant que "la situation (était) maîtrisée". Il a toutefois reconnu une situation d'"extrême gravité". Il a appelé la population à un "sursaut national" et à "s'ériger contre la division et la fracture nationale". "Le Mali a besoin de lucidité et non de panique", a-t-il insisté.
Dans son discours, il a affirmé que des "opérations de ratissage" et de sécurisation se poursuivent et la situation "est rétablie". Le général a ensuite mis en garde contre "le vaste plan de déstabilisation" que constituent ces attaques "conçues et exécutées par des groupes armés terroristes et des sponsors internes et externes qui leur fournissent des renseignements et des moyens logistiques".
Ce 28 avril, les djihadistes du JNIM ont menacé d'imposer un blocus sur les entrées de la capitale malienne Bamako, selon une vidéo d'un de leurs porte-paroles. "À partir d'aujourd'hui, un blocus est imposé à Bamako sur tous les axes", a déclaré dans la vidéo un des porte-paroles du JNIM, Bina Diarra.
"La seule mesure de tolérance est accordée à ceux qui se trouvent déjà à Bamako pour leur permettre de repartir. En revanche, il est désormais interdit de s'y rendre jusqu'à nouvel ordre", a-t-il affirmé. Mardi, l'ambassade des États-Unis à Bamako a écrit sur son site internet avoir "pris connaissance de signalements faisant état de mouvements terroristes possibles à l'intérieur de la ville".
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