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Mali: les détails sur la double attaque de la mine de Morila par les jihadistes du Jnim

Auteur: Rfi

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Mali: les détails sur la double attaque de la mine de Morila par les jihadistes du Jnim

Au Mali, le Jnim, lié à Al-Qaïda, mène depuis le mois de septembre un « jihad économique » : en attaquant les camions-citernes circulant sur les routes du pays, pour perturber l'approvisionnement en carburant, et en ciblant également des sites industriels ou miniers. Le 26 décembre, des travailleurs chinois ont été enlevés et du matériel emporté sur un site minier à Kalana, près de Yanfolila, à la frontière guinéenne. Vendredi 2 janvier, des engins ont été incendiés sur la mine de Denso, dans la même zone. Enfin le week-end dernier, c'est la mine d'or de Morila, dans la région de Bougouni, qui a été visée par deux attaques successives.

La mine d'or de Morila appartient à la Sorem, la Société de recherche et d’exploitation des ressources minérales du Mali. Rattachée au ministère des Mines, la Sorem a signé, en octobre 2025, un accord avec le groupe américain Flagship Minerals pour relancer l'exploitation du site, suspendue depuis 2020. Dans un document interne daté du lundi 5 janvier, auquel RFI a eu accès, la Sorem décrit le déroulé et le bilan de l'attaque, menée en deux temps.

Sept otages

Samedi 3 janvier, vers 13 heures, les assaillants s'introduisent dans la mine en passant par une fosse située dans la commune de Domba. Leur nombre et leur identité ne sont pas précisés, mais le document relève que les 18 gendarmes affectés à la sécurisation du site ne sont pas assez nombreux pour faire face. Les jihadistes prennent donc le contrôle de la mine, ils incendient ou tirent sur des véhicules et des infrastructures minières puis, une heure et demie plus tard, repartent. Sans avoir fait de victime, selon le document de la Sorem, mais avec sept otages : deux salariés et cinq agents de sécurité, étrangement présentés comme des « civils » issus des « forces armées maliennes ».

Le lendemain, dimanche matin à 6h40, les assaillants reviennent à Morila. Ils mettent le feu ou tirent sur de nouveaux engins et bâtiments, et libèrent les sept otages. Dans quelles conditions ? En échange de quoi ? Le document de la Sorem ne le précise pas. À 10h30, les jihadistes quittent la mine. Deux heures plus tard, des gendarmes maliens des forces spéciales y font leur entrée, débarqués par hélicoptère, « avec leurs partenaires » - expression qui semble pudiquement renvoyer à l'Africa Corps russe. Les soldats maliens et leurs supplétifs russes resteront « au moins 48 heures » sur place pour « ratisser et sécuriser la zone ».

Pénurie de carburant

Dans son rapport interne, la Sorem pointe « l'urgence de renforcer le dispositif sécuritaire » de Morila et déplore au passage que les salariés de la mine accumulent des retards de salaire depuis près d'un an (février 2025). La société malienne note enfin que « la pénurie de carburant », orchestrée dans le pays par le Jnim, crée un « risque de sécurité » supplémentaire, parce qu'elle réduit la mobilité des employés, qui ne peuvent pas faire le plein de leurs véhicules, et « plonge Morila dans l'obscurité », en raison des coupures d'électricité et de l'absence de carburant pour les générateurs. La Sorem sollicite donc « le soutien financier et militaire de l'État malien » pour protéger ses sites.

La Société d'exploitation minière malienne cite enfin son partenaire industriel américain Flagship, « préoccupé » par une « situation qui affecte durement la confiance des actionnaires et des investisseurs ». Or c'est là précisément l'objectif des jihadistes du Jnim, dont la nouvelle stratégie vise à affaiblir l'État malien en ciblant les intérêts économiques du pays.

Auteur: Rfi
Publié le: Mercredi 07 Janvier 2026

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