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Mali : Pourquoi le licenciement "au feeling" peut coûter très cher aux entreprises

Auteur: ivoirematin

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Mali : Pourquoi le licenciement "au feeling" peut coûter très cher aux entreprises

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L’affaire qui a opposé la Société des Boissons et Eaux Minérales du Mali (SOBEMA) à son ancien Directeur Général, Ab X, résonne comme un sérieux avertissement pour les employeurs. Elle rappelle qu'en droit du travail, le formalisme n'est pas une option.

Le feuilleton judiciaire : du Tribunal du travail à la Cour suprême

Le conflit prend racine lorsque l'ex-DG, estimant que ses salaires ne lui sont plus versés correctement, décide d'assigner son employeur en justice.

  1. Acte 1 : Le Tribunal du travail. Saisis en premier ressort, les juges donnent partiellement raison au salarié et ordonnent un premier versement. Insuffisant pour les deux parties, qui décident de faire appel.
  2. Acte 2 : La Cour d’appel de Bamako. Les juges d'appel vont beaucoup plus loin. Constatant que le salarié n'a jamais été licencié dans les règles et n'a pas abandonné son poste, ils condamnent la SOBEMA à régler une ardoise bien plus salée, correspondant à plusieurs mois d'arriérés.
  3. Acte 3 : La Cour suprême. Refusant de s'avouer vaincue, l'entreprise tente un ultime recours devant la plus haute juridiction du pays.

Les deux arguments de la défense balayés par la Cour suprême

Pour tenter d'annuler sa condamnation, la SOBEMA a avancé deux arguments principaux, tous deux rejetés par la Cour suprême :

Argument de l'entrepriseRéalité retenue par la Cour suprême
Le salarié était en chômage technique, ses salaires n'étaient donc pas dus.La suspension du contrat n'a duré que deux semaines, après quoi l'employé a été rappelé. Faute de preuve de licenciement ou de départ volontaire, le lien contractuel a persisté, et le salaire avec.
La décision de la Cour d'appel manquait de motivation juridique.Les juges d’appel ont parfaitement justifié leur choix en se basant sur les faits : l'absence de rupture formelle du contrat de travail.

Verdict : La Cour suprême a rejeté le recours de la SOBEMA, confirmant ainsi sa condamnation ferme à payer l'intégralité des salaires dus.

Les grandes leçons de cette affaire

Ce verdict met en lumière deux principes fondamentaux du droit du travail et de la procédure judiciaire :

💡 Pour les employeurs : Pas de rupture sans formalisme
On ne peut pas simplement "cesser de payer" un salarié ou acter son départ de manière informelle. Tant qu'un contrat de travail n'est pas suspendu légalement ou rompu par un licenciement (ou une démission) dans les règles de l'art, le salaire reste une obligation stricte.
⚖️ Pour les professionnels du droit : Le rôle de la Cour suprême
Cet arrêt rappelle la fonction de la Cour suprême : elle ne rejuge pas le fond de l'affaire (les faits), mais s'assure uniquement que la loi a été correctement appliquée et que les décisions des juges du fond sont solidement motivées.
Auteur: ivoirematin
Publié le: Mardi 26 Mai 2026

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