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"Passible de la prison à vie, voire de la peine de mort": en Afrique, des lois plus sévères pour réprimer l'homosexualité

Auteur: tv5monde

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"Passible de la prison à vie, voire de la peine de mort": en Afrique, des lois plus sévères pour réprimer l'homosexualité

Du Sénégal à l'Ouganda en passant par le Mali et le Burkina Faso, plusieurs États africains ont adopté ou renforcé des lois criminalisant l'homosexualité ces dernières années. En Ouganda, "un certain nombre d'autres mesures punissent tout acte visant à 'promouvoir' l'homosexualité", explique sur le plateau de TV5MONDE Judith Renoult, journaliste au quotidien Français Le Monde Afrique.

Sur le continent africain, la criminalisation de l'homosexualité progresse. Après l'Ouganda en 2023, puis le Mali, le Burkina Faso et le Niger en 2024 et 2025, c'est désormais le Sénégal qui a franchi ce pas. Le cas ougandais est emblématique des extrêmes auxquels peut mener cette tendance.

Adoptée en 2023, la loi ougandaise est désormais l'une des plus dures au monde. "En Ouganda, aujourd'hui, les relations entre personnes de même sexe sont passibles d'une peine de prison à vie, voire de la peine de mort dans certains cas", analyse sur le plateau de TV5MONDE Judith Renoult, journaliste au journal français Le Monde Afrique. 

Des lois toujours plus sévères

Ces textes ne se limitent pas à réprimer les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Ils visent plus largement toute expression des identités LGBT+. "Il y a un certain nombre d'autres mesures, notamment la punition de tout acte visant à 'promouvoir' l'homosexualité", explique Judith Renoult. 

Cette notion floue de "promotion" ouvre la porte à de nombreuses dérives, en particulier pour les organisations humanitaires travaillant auprès des personnes LGBT+. En Ouganda, la loi va jusqu'à inciter les citoyens à dénoncer les personnes soupçonnées d'homosexualité.

Un climat de peur généralisé

Au-delà des textes adoptés, c'est "le simple fait que le sujet soit mis sur la table dans le débat public qui crée un climat de peur et d'insécurité pour les personnes LGBT+’", explique la journaliste. Ainsi, le simple fait que ces débats aient lieu dans l'espace public génère des effets concrets sur le terrain.

Les responsables humanitaires interrogés par la journaliste témoignent d'une augmentation des sollicitations de la part de personnes LGBT+ qui craignent pour leur sécurité, "parfois jusqu'au point de vouloir quitter leur pays". En Ouganda, les ONG documentent déjà une hausse des agressions et des arrestations depuis l'entrée en vigueur de la loi de 2023.

Des influences outre-atlantique

Pour expliquer cette vague répressive, Judith Renoult pointe un facteur souvent méconnu: le rôle croissant de lobbys ultraconservateurs venus des États-Unis. "Un certain nombre de groupes ultra-conservateurs américains, parfois religieux, ont eu une influence croissante sur le continent ces dernières années", détaille Judith Renoult. 

Ce constat bat en brèche l'argument régulièrement avancé selon lequel l'homosexualité serait une importation occidentale en Afrique. Les chercheurs et journalistes qui enquêtent sur ces réseaux depuis des années montrent au contraire que ce sont bien des groupes occidentaux qui financent et soutiennent activement les législations hostiles aux personnes LGBT+ sur le continent.

Auteur: tv5monde
Publié le: Jeudi 09 Avril 2026

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