RDC : L’information prise en étau dans l’est du pays
Un nouveau rapport de Reporters sans frontières (RSF), publié ce 26 mars 2026, dresse un constat alarmant : la liberté de la presse s'effondre dans l'est de la République démocratique du Congo. Depuis la chute de Goma et de Bukavu aux mains de la rébellion AFC/M23 en début d'année, les journalistes évoluent dans un climat de terreur, pris entre les exigences des rebelles et la pression du gouvernement.
L'administration parallèle mise en place par les rebelles dans le Nord et le Sud-Kivu a transformé l'exercice du métier en un véritable parcours de survie. RSF détaille des méthodes d'intimidation brutales :
Le pouvoir central n'est pas en reste. Le rapport souligne que le gouvernement congolais utilise le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) pour verrouiller le récit national sur le conflit.
Les journalistes critiques ou indépendants sont régulièrement accusés de complicité avec le M23 ou le Rwanda. Cette "guerre du narratif" s'accompagne d'une intensification de la désinformation orchestrée par les deux camps, rendant l'accès à une information fiable quasi impossible.
Le bilan humain et social est lourd pour la corporation. Selon l'Union nationale de la presse congolaise (UNPC), près de 90 journalistes ont dû abandonner leur foyer et leur métier entre 2023 et début 2025 pour échapper aux violences dans le Nord et le Sud-Kivu.
Note de RSF : "La totalité des journalistes interrogés rapporte que leurs méthodes de travail ont radicalement changé. La survie prime désormais sur l'information."
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