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RDC : L’information prise en étau dans l’est du pays

Auteur: ivoirematin

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RDC : L’information prise en étau dans l’est du pays

Un nouveau rapport de Reporters sans frontières (RSF), publié ce 26 mars 2026, dresse un constat alarmant : la liberté de la presse s'effondre dans l'est de la République démocratique du Congo. Depuis la chute de Goma et de Bukavu aux mains de la rébellion AFC/M23 en début d'année, les journalistes évoluent dans un climat de terreur, pris entre les exigences des rebelles et la pression du gouvernement.

La stratégie de la terreur du M23

L'administration parallèle mise en place par les rebelles dans le Nord et le Sud-Kivu a transformé l'exercice du métier en un véritable parcours de survie. RSF détaille des méthodes d'intimidation brutales :

  1. Détentions arbitraires : Au moins huit journalistes ont été incarcérés depuis janvier 2025. Certains ont été enfermés dans des conteneurs surpeuplés servant de prisons de fortune.
  2. Rééducation et censure : Le M23 impose des "formations idéologiques" aux professionnels des médias et dicte le contenu des radios locales, allant jusqu'à imposer des éléments de langage spécifiques.
  3. Autocensure de survie : Face aux menaces, de nombreux journalistes choisissent de taire certaines informations collectées sur le terrain par pur instinct de conservation.

La pression de Kinshasa et la guerre du narratif

Le pouvoir central n'est pas en reste. Le rapport souligne que le gouvernement congolais utilise le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) pour verrouiller le récit national sur le conflit.

Les journalistes critiques ou indépendants sont régulièrement accusés de complicité avec le M23 ou le Rwanda. Cette "guerre du narratif" s'accompagne d'une intensification de la désinformation orchestrée par les deux camps, rendant l'accès à une information fiable quasi impossible.

Un exode massif des professionnels

Le bilan humain et social est lourd pour la corporation. Selon l'Union nationale de la presse congolaise (UNPC), près de 90 journalistes ont dû abandonner leur foyer et leur métier entre 2023 et début 2025 pour échapper aux violences dans le Nord et le Sud-Kivu.

Note de RSF : "La totalité des journalistes interrogés rapporte que leurs méthodes de travail ont radicalement changé. La survie prime désormais sur l'information."
Auteur: ivoirematin
Publié le: Jeudi 26 Mars 2026

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