Sahel Le Burkina Faso meurtri par une nouvelle vague d’attaques jihadistes
En quelques semaines, les insurgés du Jnim ont infligé de lourdes pertes à l’armée burkinabè et à ses supplétifs civils.
Comme chaque année avant et pendant le mois de ramadan, les insurgés du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim, selon l’acronyme de l’organisation en arabe) ont intensifié leurs attaques au Sahel. Ces dernières semaines, le Burkina Faso en particulier a été la cible d’une dizaine d’assauts revendiqués par le groupe jihadiste, affilié à Al-Qaeda.
Depuis septembre, «le rythme des attaques» du Jnim «avait diminué» dans le pays, indique un rapport du Conseil de sécurité de l’ONU publié en février, ses combattants «ayant été déployés au Mali pour soutenir sa tentative de blocus» sur le carburant. Mais les jihadistes enchaînent depuis mi‑février des offensives d’envergure dans le nord et l’est du Burkina, faisant plusieurs dizaines de morts, y compris parmi les civils.
«Depuis le 14 février, le Jnim a revendiqué dix attaques dans différentes régions du Burkina», confirme Hasret Kargin, chercheur Afrique au cabinet d’intelligence Mintel World, interrogé par l’Agence France-Presse. Les plus meurtrières ont visé le 15 février la caserne militaire de Titao, importante ville du nord-ouest, où le groupe affirme avoir tué «des dizaines de soldats» et le même jour, une cinquantaine d’agents des eaux et forêts à Tandjari, dans l’est. Les jihadistes ont, comme souvent, posté en ligne des vidéos montrant des dizaines de cadavres.
«Cette dernière vague a démontré un haut degré de coordination, compte tenu du nombre d’attaques d’envergure survenues entre le 12 et le 22 février», explique Héni Nsaibia, analyste à l’ONG Acled, qui recense les victimes de conflits dans le monde. «Plus de 130 personnes», dont des soldats burkinabè et leurs supplétifs civils, ainsi que des combattants du Jnim, «ont été tuées dans cette série d’affrontements», a-t-il comptabilisé.
Les récentes attaques se concentrent dans le nord et l’est du pays, des régions importantes sur les plans opérationnels et financiers pour le Jnim. «Ce sont des zones qui regroupent de nombreux sites d’or et d’importants axes qui alimentent la contrebande du groupe», explique à l’AFP un analyste sécuritaire burkinabè sous couvert d’anonymat. «Le nord sert de pont vers le commandement central principal au Mali» et «l’Est – qui abrite le complexe forestier WAP (W-Arly-Pendjari) aux frontières du Niger, du Bénin et du Burkina – permet au groupe d’étendre ses opérations vers les pays voisins, ajoute Hasret Kargin. Ces vastes étendues forestières protègent non seulement le groupe contre les frappes aériennes, mais génèrent également d’importants revenus grâce au commerce illégal du bois et au contrôle de sites d’orpaillage artisanal.»
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