Sénégal oriental : Quand les citoyens deviennent le rempart contre le jihadisme
À la confluence de la Falémé et du fleuve Sénégal, le calme apparent des paysages masque une anxiété croissante. Dans cette zone stratégique des « trois frontières » (Sénégal, Mali, Mauritanie), la menace terroriste n'est plus une hypothèse lointaine, mais une réalité qui dicte le quotidien des populations locales.
Le village de Ballou, avec ses 8 500 habitants, illustre parfaitement la vulnérabilité de la région. Face au Mali et à la Mauritanie, la frontière est d'une porosité alarmante, surtout en saison sèche lorsque le fleuve se traverse à pied d'œuvre.
Les incidents récents ont servi d'électrochoc :
Face à l'immensité du territoire à surveiller, l'État sénégalais mise sur une stratégie collaborative : faire des habitants les premiers capteurs d'alerte.
Bien que les patrouilles de l'armée et de la gendarmerie soient désormais plus visibles, elles ne peuvent être partout. Pour combler les failles, un réseau de surveillance communautaire s'est mis en place :
« On est exposés en permanence. Des deux côtés du fleuve, nous sommes les mêmes familles, alors on s’organise et on s’alerte. » — Aboubaker Niangané, chef du village de Ballou.
Cette hyper-vigilance n'est pas sans conséquences. Dans un climat de tension permanente, la peur prend parfois le dessus. À Gangala, un simple cortège de mariage circulant à moto a récemment provoqué une panique générale, les habitants étant persuadés d'une incursion jihadiste.
Cette méprise souligne le défi majeur pour le Sénégal oriental : maintenir un niveau de vigilance opérationnel sans basculer dans une paranoïa qui paralyserait la vie sociale de ces zones reculées.
Commentaires (0)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.