Tunisie : Huit mois de prison pour un député après une critique sarcastique de Kaïs Saïed
La justice tunisienne a tranché. Le député Ahmed Saïdani a été condamné, jeudi 20 février 2026, à une peine de huit mois de prison ferme par le tribunal de première instance de Tunis. Son tort ? Avoir tourné en dérision l’omniprésence du président Kaïs Saïed sur le terrain après des inondations dévastatrices.
L'affaire remonte à début février. Dans une publication sur les réseaux sociaux, Ahmed Saïdani, membre du bloc « Ligne nationale souveraine », s’était moqué des visites médiatisées du chef de l'État dans les zones sinistrées par les pluies torrentielles.
Le député avait notamment :
Selon son avocat, Me Houssem Eddine Ben Attia, le parlementaire a été poursuivi sur la base de l’article 86 du code des télécommunications. Ce texte punit d'un à deux ans d'emprisonnement quiconque nuit intentionnellement à autrui ou trouble sa quiétude via les réseaux publics.
Le parcours d'Ahmed Saïdani souligne la fermeture progressive du champ politique tunisien. Autrefois fervent partisan du coup de force de juillet 2021, il avait soutenu la suspension du précédent Parlement et l'arrestation de figures de l'opposition. Aujourd'hui, il rejoint à son tour les rangs des voix sanctionnées.
Contexte : Depuis 2021, les ONG nationales et internationales alertent sur un net recul des libertés fondamentales en Tunisie, dénonçant une concentration des pouvoirs et une répression accrue de toute forme de dissidence, même au sein du camp pro-présidentiel.
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