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RDC: après une tuerie perpétrée par un soldat ivre, la société civile de l'Ituri réclame des actes

Auteur: rfi

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Après qu’un soldat en état d’ivresse a tué 8 personnes, trois militaires et cinq civils, dimanche en Ituri, la société civile s’inquiète de la récurrence des cas de tueries perpétrées par des militaires en état d’ivresse ou sous un choc émotionnel. 
Un phénomène de plus en plus récurrent depuis que les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri ont été placées sous état de siège.
Dimanche, les premières victimes du soldat en état d'ivresse ont été ses compagnons d’armes. 
Il a d’abord ouvert le feu sur son chef d’unité, un lieutenant-colonel, avant de neutraliser ses deux gardes. Les civils tués étaient à bord d’un camion de marchandises, selon Dieudonné Losa, le coordinateur de la société civile en Ituri. Les faits ont eu lieu à Bambu, une localité à plus de 40 kilomètres de Bunia, chef-lieu de l’Ituri.
« Le véhicule voulait faire demi-tour. C'était un camion, le chauffeur a été atteint, les passagers aussi. Ça fait mal. On ne peut pas imaginer la mort d’une seule personne de plus, pas surtout de la part des Fardc qui est une armée régulière. 
Ce qui est vrai, c’est qu’il y a de plus en plus de morts d’hommes où la main des Fardc se fait sentir. Il n’y a pas longtemps, un autre élément des Fardc à Mungwalu a tué une femme et son mari. C’est une désolation pour nous », explique le coordinateur.
« Nous condamnons fermement ce cas »
Le meurtrier a ensuite été neutralisé par un autre compagnon d’arme. Plusieurs autres personnes ont été blessées. Les autorités politico-militaires de la province sont remontées, d’autant qu’il ne s’agit pas du premier cas depuis l'instauration de l'état de siège dans cette zone il y a près d'un an.
La fusillade de dimanche est un cas isolé d’indiscipline, explique le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole militaire en Ituri. « Nous condamnons fermement ce cas. Ce cas ne peut pas entamer la discipline militaire au sein des unités engagées sur le terrain des opérations », explique le porte-parole.
La hiérarchie militaire a décidé de déployer son service d’éducation civique et patriotique, pour « redynamiser la discipline » au sein de ses unités. Bien avant l’état de siège et en dehors de ces deux provinces, un soldat ivre en juillet 2020 avait tué à lui seul 14 civils à Sange, au Sud-Kivu. Jugé par un tribunal, il avait été condamné à la perpétuité. 
Demande de réformes
L'armée se retrouve de nouveau au centre des débats avec cette tuerie. Alors qu'une nouvelle session parlementaire est en cours et qu'un projet de loi de défense doit être prochainement examiné, beaucoup appellent à d'importantes mesures au sein des forces congolaises. 
Face au phénomène, Emmanuel Kabengele Kalonji, coordonnateur national du Réseau pour la réforme du secteur de sécurité et de justice, demande des actes. 
Auteur: rfi
Publié le: Mardi 19 Avril 2022

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