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Le secteur de l’Exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) amorce un virage décisif. À l’occasion de la deuxième édition du workshop « Mine & Deal », les acteurs réunis autour du Groupement des artisans miniers de Côte d’Ivoire (GRAMCI) ont affiché une ambition claire : tourner la page de l’informel et s’imposer comme un véritable moteur de croissance économique.
Dans la capitale politique, le ton a été donné sans détour. Entre performances en hausse et défis persistants, la filière artisanale assume désormais son potentiel. Les données présentées confirment cette dynamique : en 2025, 279 autorisations ont été délivrées, portant à 820 le nombre total de titres miniers valides. Une progression qui s’accompagne d’une production notable de 977,2 kilogrammes d’or, largement soutenue par les opérations semi-industrielles.
Mais derrière ces résultats encourageants, les contraintes structurelles demeurent. Eugène Malan, premier vice-président du GRAMCI, a insisté sur la nécessité d’une modernisation en profondeur. Accès aux technologies, fiabilité des données géologiques et gestion environnementale rigoureuse constituent, selon lui, les piliers incontournables pour hisser le secteur à un niveau compétitif.
Parmi les annonces majeures, la création imminente d’une confédération des organisations professionnelles des petites mines retient l’attention. Objectif : fédérer un secteur longtemps dispersé et renforcer son poids dans les discussions avec les pouvoirs publics et les partenaires techniques.
L’État, de son côté, réaffirme son appui. Représentant le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Seydou Coulibaly a assuré de la volonté gouvernementale d’adapter le cadre réglementaire afin de faciliter la formalisation des acteurs.
Même son de cloche du côté de la SODEMI. Son directeur général, Seydou Moussa Koné, a mis en avant l’importance stratégique de la connaissance du sous-sol. Géolocalisation et cartographie apparaissent ainsi comme des outils clés pour lutter contre l’orpaillage clandestin et sécuriser les investissements.
Pour accélérer cette transformation, le GRAMCI mise sur des initiatives structurantes, à l’image du programme « 100 AESI – 5 tonnes », qui vise à accroître la production nationale tout en respectant les normes internationales de durabilité.
En dépit des lenteurs administratives et des pressions environnementales, « Mine & Deal » 2026 marque une étape importante. Le secteur minier artisanal ivoirien semble désormais prêt à franchir un cap : celui d’une industrie organisée, responsable et résolument tournée vers l’avenir.
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