SIA 2026 : À Paris, le CHPC vend la nouvelle ambition ivoirienne pour la filière coco
En marge de la 62e édition du Salon international de l’agriculture (SIA 2026), qui se tient dans la capitale française jusqu’au 1er mars, le Conseil Hévéa-Palmier à Huile-Coco (CHPC) a organisé, le 24 février 2026, dans un grand hôtel parisien, une importante session d’échanges B2G/B2B dédiée aux filières coco, hévéa et palmier à huile. Autour de la table : acteurs économiques nationaux et internationaux, exportateurs, investisseurs ainsi que partenaires techniques et financiers, venus s’imprégner de la nouvelle vision ivoirienne pour la filière coco.
Face à la presse, le président du Conseil d’administration du CHPC, Félix Anoblé, a indiqué que cette rencontre visait à fournir davantage d’informations aux acteurs internationaux et à clarifier l’orientation stratégique adoptée par les autorités ivoiriennes. Reconnaissant qu’à un moment donné la Côte d’Ivoire avait « un peu lâché le contrôle » de la filière, il a souligné que, depuis un an, sous l’impulsion du Chef de l’État, le Conseil a reçu pour mission de reprendre en main le développement du coco. L’objectif, selon lui, est d’expliquer la nouvelle vision gouvernementale, de présenter les perspectives de croissance et d’écouter les attentes des partenaires afin de renforcer la coopération commerciale.
Abordant la question de la pression sur le littoral, principale zone de production, Félix Anoblé a rappelé que le cocotier, appartenant à la famille des palmiers, possède une forte capacité d’adaptation et peut pousser dans des sols variés, y compris au-delà du huitième parallèle. Si le littoral continuera d’être valorisé, notamment parce que cette culture fait vivre les populations côtières, le CHPC entend également étendre la production vers d’autres régions du pays. Des localités comme Touba sont citées parmi les zones ciblées. Une plantation expérimentale y sera d’ailleurs implantée afin de démontrer que la noix de coco ivoirienne peut être produite avec succès sur d’autres terroirs.
Le CHPC mise aussi sur l’agroforesterie, en encourageant l’association cacao-cocotier sur une même parcelle. Ce modèle permettra aux producteurs de conserver leurs performances cacaoyères tout en diversifiant leurs revenus, le coco offrant, après environ quatre années, des retombées financières mensuelles. Pour soutenir cette ambition, le FIRCA accompagne déjà les productions agricoles, tandis que le Conseil a décidé de mobiliser un milliard de FCFA en 2026 pour le développement de pépinières destinées aux planteurs et pour la mise en œuvre de la plantation pilote de Touba.
Enfin, la question de la certification a occupé une place centrale dans les échanges. Fort de son expérience en matière de normalisation dans la filière palmier à huile, le CHPC entend engager le processus de certification du coco Bédine-Côte d’Ivoire. Bien que présenté comme un produit 100 % bio, l’absence de certification limite actuellement son positionnement sur le marché international. L’ambition affichée est donc claire : permettre à la Côte d’Ivoire de se positionner comme un fournisseur crédible et compétitif sur le segment des produits biologiques, en capitalisant sur des plantations déjà naturellement conformes aux standards bio. À Paris, le message porté par le CHPC se veut sans équivoque : la filière coco ivoirienne amorce une nouvelle dynamique et entend reconquérir sa place de choix sur l’échiquier mondial.
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