CAN 2025 : Côte d’Ivoire–Burkina Faso, quand les fils du pays s’affrontent sous des maillots différents
Le huitième de finale de la CAN 2025 entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, prévu au Maroc, promet bien plus qu’un simple duel sportif. Cette affiche oppose deux nations voisines, liées par l’histoire, la culture et surtout par des joueurs aux parcours croisés. Sur la pelouse, plusieurs acteurs vivront un moment particulier : affronter la terre qui les a vus naître ou celle qu’ils ont choisi de représenter.
Parmi eux, Arsène Kouassi symbolise parfaitement ce tiraillement. Né à Cocody, à Abidjan, le latéral gauche du FC Lorient a pourtant opté pour le Burkina Faso. Naturalisé en octobre 2025 après de longs mois d’attente, il assume pleinement son choix. « Je ne regrette pas cette décision, même si j’ai de la famille en Côte d’Ivoire. J’ai choisi de représenter le Burkina Faso et je veux gagner ce match », a-t-il déclaré en conférence de presse, à la veille de la rencontre.
Du côté burkinabè, ce cas n’est pas une exception. Le gardien Hervé Koffi, véritable pilier des Étalons, ou encore le milieu de terrain Mohamed Zoungrana, ancien espoir de l’ASEC Mimosas, illustrent cette tradition bien ancrée. Depuis plusieurs années, le Burkina Faso s’appuie sur une génération de joueurs formés ou révélés en Côte d’Ivoire, à l’image de Mohamed Koffi, Bakari Koné, Charles Kaboré ou encore Aristide Bancé, figures marquantes de l’histoire des Étalons.
En face, la Côte d’Ivoire présente aussi son binational avec Alban Lafont. Le gardien, aujourd’hui doublure de Yahia Fofana, a choisi de défendre les couleurs des Éléphants. Un choix assumé par le sélectionneur Emerse Faé, qui voit en lui un gardien de qualité, pleinement engagé dans le projet ivoirien. « C’est un privilège pour moi d’être ici », avait confié Lafont, conscient de la portée symbolique de sa décision.
Ce phénomène dépasse largement le cadre de cette affiche. Il reflète une réalité bien connue du football ouest-africain, où les talents circulent et où les identités sportives se construisent parfois loin du pays de naissance. Le Mali, autre grand rival régional, compte lui aussi des joueurs nés en Côte d’Ivoire, comme Néné Dorgeles, originaire de Yopougon, ou Yves Bissouma, né à Issia, qui a déjà évoqué la complexité émotionnelle de son engagement.
Ce Côte d’Ivoire–Burkina Faso s’annonce donc comme un match à forte charge psychologique. Les Étalons, portés par cette génération de binationaux, rêvent de décrocher enfin le trophée continental. Les Éléphants, champions en titre, devront quant à eux faire face à des visages familiers, parfois d’anciens espoirs du pays, animés par la volonté de créer la surprise.
Sur le terrain, chaque duel aura une saveur particulière. Les relances d’Arsène Kouassi, les arrêts d’Hervé Koffi face à ses compatriotes de naissance ou encore une éventuelle entrée en jeu d’Alban Lafont seront scrutés de près. Plus qu’un match de football, c’est une confrontation de parcours, de choix et de loyautés qui se jouera sous les yeux d’un public partagé entre émotion, fierté et passion.
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