Exil politique / Paul Madys : « Je suis rentré sans l'aide de personne, mais cela n'a pas plu à certains »
Après plusieurs années de silence, Gnagbo Yobo Paul, plus connu sous le nom de Paul Madys, est sorti de sa réserve. Dans une interview exclusive accordée à Lavenir.ci, l'artiste-chanteur est revenu sans détour sur son retour d'exil, les épreuves qui ont marqué sa vie et ses relations désormais compliquées avec certains proches de l'ancien régime.
Connu pour son célèbre titre « Arrêtez », considéré à l'époque comme un véritable hymne par les sympathisants du pouvoir de Laurent Gbagbo, Paul Madys a levé le voile sur les difficiles conditions de son exil après la chute de l'ancien régime en 2011.
Sans révéler le pays qui l'a accueilli, l'artiste raconte avoir vécu une période particulièrement éprouvante, marquée par une succession de drames familiaux qui ont fini par le convaincre de rentrer au pays.
« Moi, je suis rentré en Côte d'Ivoire parce que j'ai été frappé par plusieurs deuils. Je me suis dit que je n'avais qu'un seul pays et que je devais être auprès de mes parents qui traversaient des moments très difficiles », a-t-il confié.
C'est ainsi qu'après quatre années passées loin de la Côte d'Ivoire, Paul Madys décide de regagner son pays en 2015. Un choix personnel qui, selon lui, n'a fait l'objet d'aucune négociation avec les autorités en place.
« Je n'ai discuté avec personne. J'ai simplement pris la décision de rentrer et je suis rentré », a-t-il insisté.
Mais ce retour n'a pas été accueilli favorablement par tous. L'artiste affirme avoir été accusé de trahison par certains de ses anciens compagnons de lutte qui ont vu dans sa décision un abandon de leur combat politique.
« Certains m'ont dit que j'avais trahi leur lutte. Ce sont des paroles que j'ai entendues », a-t-il regretté.
Très ému, Paul Madys évoque les nombreuses pertes enregistrées au sein de sa famille durant son exil. Grandes sœurs, petite sœur, grand frère... l'artiste affirme avoir été profondément marqué par ces disparitions successives.
« J'ai perdu presque tout le monde. La vie vaut quoi auprès de toutes ces vies ? C'est pour cela que je suis rentré », a-t-il expliqué.
L'auteur du tube « Arrêtez » rappelle par ailleurs que son engagement musical à l'époque répondait à une sollicitation de responsables du régime alors au pouvoir, dans un contexte national particulièrement tendu. Selon lui, ses chansons visaient avant tout à sensibiliser les populations et à appeler à l'apaisement.
Pourtant, déplore-t-il, ceux qui l'encensaient hier le considèrent aujourd'hui comme une persona non grata.
« Si aujourd'hui on me dit que je suis persona non grata, c'est à eux de juger. Moi, je laisse Dieu nous juger. Je suis dans mon coin avec ma famille et je fais mon travail », a-t-il déclaré.
Loin des querelles politiques, Paul Madys assure désormais vouloir se consacrer pleinement à sa carrière artistique. L'artiste prépare activement un nouvel album qu'il espère voir réconcilier le public avec son image.
« Quand les Ivoiriens écouteront mon prochain album, ils comprendront que beaucoup se sont trompés sur mon compte », a-t-il soutenu.
Déterminé à tourner définitivement la page de l'exil et des polémiques, Paul Madys affiche aujourd'hui une ambition claire : reprendre sa place sur la scène musicale ivoirienne et relancer une carrière brutalement interrompue par les soubresauts de l'histoire politique du pays.
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