CAN 2025 : Le sacre du Sénégal annulé, un séisme juridique bientôt devant le TAS
Deux mois après la finale de la CAN 2025 remportée sur le terrain par le Sénégal face au Maroc, la Confédération africaine de football (CAF) a provoqué une onde de choc en retirant le titre aux Lions de la Teranga pour l'attribuer aux Lionceaux de l'Atlas sur tapis vert (3-0).
Saisissant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), le Sénégal conteste une décision jugée disproportionnée. Me Tatiana Vassine (barreau de Paris) et Me Kalukanda Mashata (barreau de Lubumbashi) analysent les failles de cette sanction inédite.
1. Une décision « déroutante » et sans précédent
Pour les experts, nous sommes face à une situation quasiment jamais vue dans le football de haut niveau.
- Une fermeté extrême : Selon Me Mashata, la CAF a voulu marquer les esprits en sanctionnant un comportement jugé incompatible avec l'éthique d'une finale.
- Un vide jurisprudentiel : Me Vassine souligne la rareté de la mesure : « En dehors du dopage, on est très peu habitué à ce type de remise en cause d'un résultat acquis sportivement. » L'annulation d'un titre majeur deux mois après les faits reste, selon elle, « juridiquement déroutante ».
2. Le débat sur les articles 82 et 84 : l'erreur d'interprétation ?
La CAF appuie sa sanction sur deux piliers de son règlement : l'article 82 (manquements disciplinaires) et l'article 84 (forfait en cas de refus de jouer). Cependant, l'application de ces textes fait débat :
- L'interprétation stricte : Me Mashata rappelle que le forfait est normalement réservé aux équipes qui abandonnent le match ou refusent de reprendre le jeu.
- Le paradoxe du temps réglementaire : Si le Sénégal a terminé la rencontre (prolongations incluses), peut-on réellement invoquer un « refus de jouer » ? C'est là que le bât blesse pour la CAF : l'article 84 semble difficilement applicable à un match qui est allé jusqu'à son terme.
3. Le rôle central de l'arbitre : « Le chef de la police »
L'argument majeur du Sénégal devant le TAS reposera sans doute sur la gestion de l'incident par l'arbitre de la finale.
« L'arbitre est le garant du jeu. S'il n'interrompt pas définitivement la rencontre, c'est que les conditions étaient réunies pour continuer. » — Me Kalukanda Mashata
Deux questions cruciales seront posées aux juges de Lausanne :
- Peut-on parler de départ de l'équipe si certains joueurs sont restés sur la pelouse ?
- Y a-t-il eu une autorisation tacite de l'arbitre pour la reprise du jeu ? Si l'arbitre a permis au match de se terminer, la sanction administrative de la CAF entre en contradiction directe avec la réalité du terrain.
4. À quoi faut-il s'attendre devant le TAS ?
Le Tribunal Arbitral du Sport ne jugera pas la qualité du jeu, mais la légalité et la proportionnalité de la sanction.
- La protection du résultat sportif : Le TAS a pour habitude de privilégier la vérité du terrain, sauf faute grave prouvée (corruption, dopage).
- Le contrôle de proportionnalité : Me Mashata estime que le Sénégal possède des arguments solides pour démontrer que retirer un titre pour un incident temporaire, alors que le match a repris, est une peine excessive.
En résumé
| Point de friction | Argument de la CAF | Contestation juridique |
| Base légale | Articles 82 et 84 (Refus de jouer) | Match joué jusqu'au bout, donc pas de forfait. |
| Autorité | Pouvoir disciplinaire a posteriori | L'arbitre a validé la fin du match sur le moment. |
| Sanction | Retrait du titre (3-0) | Manque de proportionnalité face aux faits. |
Auteur: ivoirematin
Publié le: Jeudi 19 Mars 2026
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