Gabon: les autorités suspendent les réseaux sociaux jusqu'à nouvel ordre
Dans son communiqué, la HAC ne donne aucun exemple à l'origine de cette décision radicale, rapporte notre correspondant à Libreville, Yves-Laurent Goma. Toujours est-il qu'elle affirme avoir « constaté » la diffusion récurrente sur les réseaux sociaux et les plates-formes numériques de « contenus inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux, portant atteinte à la dignité humaine, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale ».
Le régulateur de la communication estime que les réseaux sociaux sont abusivement utilisés, en violation des lois en vigueur au Gabon ainsi que des règlements internationaux. Trouble à l'ordre public, propagation des fausses informations, cyberharcèlement… La HAC pointe le comportement de certains ressortissants gabonais, mais aussi la responsabilité des fondateurs des plates-formes et réseaux sociaux qui n'assurent pas, selon elle, la modération des contenus illicites.
Interrogé par RFI, le porte-parole de la présidence, Théophane Nzamé-Nzé-Biyoghe explique ce blocage comme « le prolongement d'une réflexion de plusieurs mois, nécessaire pour poser le débat et envoyer un signal fort ». L'opposition n'a pas tardé à réagir. L'ancien Premier ministre et chef du parti « Ensemble pour le Gabon », Alain-Claude Bilie-Bi-Nze, parle de « violations graves des libertés fondamentales garanties par la Constitution ».
Au Gabon, WhatsApp, Facebook et TikTok sont les réseaux sociaux les plus utilisés. Le communiqué, lu sur la chaîne télévisée publique Gabon 1re par le porte-parole de la HAC Jean-Claude Mendome, n'a pas prévu d'exception, et ces suspensions courent jusqu'à nouvel ordre.
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