Gambie : Le scandale des biens mal acquis de Yahya Jammeh éclate au grand jour
Neuf ans après la chute du dictateur Yahya Jammeh, la Gambie fait face à un nouveau séisme politique. Un rapport parlementaire de 324 pages, dont l'adoption est prévue ce mercredi 18 mars 2026, dénonce une gestion calamiteuse et opaque de la vente des biens de l'ancien président. Au cœur du scandale : des pertes financières colossales et des accusations de malversations visant les artisans de la transition.
En 2017, Yahya Jammeh fuyait le pays, laissant derrière lui une fortune estimée à près d'un milliard de dollars. Son successeur, Adama Barrow, avait alors promis que la vente de ces actifs financerait les réparations dues aux victimes (évaluées à 64 millions de dollars).
Cependant, l'enquête de la commission spéciale révèle un bilan désastreux :
Le rapport est particulièrement sévère envers l’ancien ministre de la Justice, Abubacarr Tambadou, pourtant figure de proue de la justice transitionnelle. Il est accusé d'avoir :
« L'exclusion du ministère des Finances était une stratégie délibérée pour contourner les contrôles financiers légaux », assènent les rédacteurs du rapport.
Face à ces « manquements graves », les députés réclament des sanctions exemplaires :
Pour les victimes du régime Jammeh, le constat est amer. Alors que le produit des ventes devait financer leur indemnisation, le gaspillage des fonds laisse un trou béant dans le budget des réparations.
Pour le militant de la société civile Madi Jobarteh, ce rapport est toutefois une arme juridique : il prouve que l'État est responsable de la dévotion des fonds et doit désormais assumer ses responsabilités financières vis-à-vis des victimes, malgré les pertes.
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