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Mozambique : Au Cabo Delgado, le calvaire des femmes et des enfants kidnappés par les shebabs

Auteur: ivoirematin

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Mozambique : Au Cabo Delgado, le calvaire des femmes et des enfants kidnappés par les shebabs

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Depuis près d'une décennie, la province du Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique, est plongée dans la terreur. Les « shebabs » locaux, qui ont prêté allégeance au groupe État islamique (EI) en 2019, y appliquent les mêmes méthodes barbares que les autres filiales de l'organisation en Afrique. Parmi leurs armes de terreur les plus destructrices : l'enlèvement de masse des femmes et des enfants.

L'enfance volée : Rasheed, embrigadé à 7 ans

Rasheed vient tout juste de retrouver la liberté et vit désormais chez une tante à Mocimboa da Praia. Son enfance lui a été arrachée à l'âge de sept ans, lorsqu'il a été kidnappé par les insurgés. Aujourd'hui âgé de 13 ans, il raconte l'enfer du quotidien dans les bases terroristes :

« La vie était très dure. Il n’y avait pas de nourriture. On allait dans les champs, on allait chercher l’eau et si on ne trouvait rien à rapporter, on nous frappait. On avait des bleus partout et des maladies. Ils nous ont appris la lutte et les armes. Je sais me servir d’une Kalachnikov. »

Le déchirement des familles : Le combat d'Olessa

En 2020, Olessa Ibrahimou a vu sa vie basculer lorsque les shebabs ont pris d'assaut son village et rassemblé la jeunesse. Elle a assisté, impuissante, au rapt de ses deux filles aînées, alors âgées de 15 et 17 ans.

  1. Un sursis tragique : Les terroristes ont épargné Olessa et ses trois plus jeunes enfants uniquement parce qu'elle était enceinte.
  2. Une blessure ouverte : « Je pense à elles, à ce qu’elles deviennent, tous les jours », confie la mère de famille. Récemment, une fugitive lui a apporté une lueur d'espoir mêlée de tristesse : sa plus jeune fille est toujours en vie, et vient de mettre au monde un petit garçon en captivité.

Esclavage et violences systémiques dans les forêts

Cachés au cœur des forêts denses de la région, les shebabs ont mis en place un système d'exploitation inhumain. Angelina Formane, assistante sociale pour Médecins sans frontières (MSF), recueille régulièrement les récits de celles qui ont réussi à s'en sortir. Elle décrit un véritable protocole de l'horreur :

  1. Le tri : À leur arrivée au camp, les femmes sont alignées pour que les combattants choisissent leurs « épouses » ou esclaves personnelles.
  2. Le travail forcé : Les captives sont contraintes de transporter le matériel militaire et la logistique des insurgés.
  3. La terreur interne : Les ravisseurs forcent certaines détenues à surveiller les autres pour étouffer toute tentative d'évasion.
  4. Les abus sexuels : Les femmes qui ne sont pas sélectionnées par un combattant en particulier sont collectivement violées et laissées à la disposition de l'ensemble du groupe.
Auteur: ivoirematin
Publié le: Mardi 19 Mai 2026

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