Réactions à Abidjan et Bamako après la grâce de Gassama
La grâce accordée à Mamadou Gassama est perçue un geste d’apaisement dans les relations tendues entre le Mali et la Côte d’Ivoire depuis 2020.
Détenu pendant près de sept mois à la Maca, la Maison d'arrêt et de correction d’Abidjan pour " offense au chef de l’Etat ", Mamadou Hawa Gassama était le symbole des tensions persistantes entre Bamako et Abidjan depuis bientôt cinq ans.
A Abidjan, la grâce présidentielle accordée par le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara à l’ancien député est bien accueillie par Sékou. Cet habitant de la capitale économique du pays y voit "un geste politique chargé de signification, sur le plan bilatéral et régional".
"Ce type de mesure peut être interprété comme une façon, pour l’Etat ivoirien, de désamorcer une tension judiciaire qui est malheureusement devenue politique et de tourner la page de la méfiance entre les deux peuples", ajoute Sékou.
Vincent, un autre Ivoirien, estime, de son côté, que le président Alassane Ouattara devrait élargir la liste des graciés aux détenus politiques de nationalité ivoirienne.
"Nous avons des cadres qui sont enfermés dans nos prisons. Cette générosité du chef de l’Etat à géométrie variable nous interroge. Comment se fait-il que quand il s’agit des Ivoiriens, ses propres concitoyens, le chef de l’Etat soit aussi dur, mais quand il s’agit des citoyens étrangers, il soit aussi généreux et large", affirme-t-il.
A Bamako, Abou, un Malien d’origine ivoirienne, déclare, pour sa part, que la libération de Mamadou Hawa Gassama prouve que rien ne peut entraver les relations entre les deux peuples.
" Nous sommes de la même famille. On ne peut pas se faire du mal, peu importe les circonstances. D’un côté, il y a celui par qui le problème est arrivé (Mamadou Hawa Gassama) et de l’autre côté, le chef (le président Alassane Ouattara) qui dit : je laisse tomber parce que c’est mon frère. Il attend que la justice livre son verdict et après, il agit en tant que responsable. "
Moussa, coursier à Bamako, abonde dans le même sens. " Cette grâce présidentielle nous a tous surpris. Je suis aux anges, je suis vraiment très content. En réalité, il n’y a rien entre ces deux peuples qui sont unis par l’histoire et la géographie. Personne ne doit s’interposer entre Maliens et Ivoiriens. Je prie pour que nos deux peuples vivent dans l’entente et la paix", ajoute Moussa.
Cette libération de Mamadou Hawa Gassama rappelle la grâce accordée, en janvier 2023, par le président de la transition malienne, Assimi Goita, colonel à l’époque des faits, aux 49 militaires ivoiriens accusés par Bamako d’être des mercenaires. Ceux-ci avaient été détenus pendant près de six mois dans la capitale malienne.
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