Son retrait de RDC annoncé: l’armée sud-africaine est en ruines et la nation en péril
L’Afrique du Sud va retirer ses quelque derniers militaires encore déployés au sein de la Monusco, la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC), a annoncé samedi la Présidence sud-africaine qui a précisé que le chef de l’Etat sud-africain Cyril Ramaphosa « a informé le secrétaire général des Nations unies » Antonio Guterres de « l’intention du gouvernement sud-africain de retirer sa contribution de soldats » à la Monusco.
Le retrait des militaires sud-africains sera terminé avant la fin de l’année 2026. Selon l’ONU, quelque 700 soldats sud-africains participent au contingent militaire de la Monusco, qui comptait encore, en octobre 2025, environ 12 500 hommes.
Les appels à l’évacuation des soldats sud-africains de l’est de la RDC s’étaient multipliés en Afrique du Sud après la mort de 14 d’entre eux en janvier 2025, lors de l’attaque des rebelles du M23 contre Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu. La plupart appartenaient à la SamiRDC mais au moins deux faisaient partie de la Monusco.
Fiasco dans l’Est de la RDC
L’an dernier, suite à la débâcle de Goma, Pretoria avait déjà évacué des centaines de soldats sud-africains présents en RDC dans le cadre d’une force régionale, la SamiRDC, constituée dans l’est de ce pays par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et dont les effectifs précis n’ont jamais été rendus publics. La SADC avait décidé début 2025 de mettre fin au mandat de la SamiRDC après son échec à endiguer une offensive d’ampleur, dans les provinces des Nord- et Sud-Kivu, du groupe armé antigouvernemental M23, soutenu par le Rwanda voisin.
L’armée sud-africaine en ruines
La décision de rapatrier les derniers Casques bleus sud-africains a été officiellement motivée par la nécessité de « consolider et réajuster les ressources des forces de défense d’Afrique du Sud », après 27 ans de soutien aux efforts de maintien de la paix en RDC, selon le communiqué de la Présidence.
En réalité, la SANDF est plus que jamais au bord de l’effondrement, avec des finances faméliques, des troupes démotivées et des matériels hors d’âge ou mal entretenus. Moins de 20% de ses aéronefs sont en état de vol, par exemple, parce 68% du budget de la Défense vont aux soldes, une partie seulement du reste allant au MCO des équipements. « SANDF in crisis – A defence force on its knees« , titrait le site DefenceWeb en juin 2025.
Les bases militaires sont souvent laissées à l’abandon comme en témoigne un reportage du 6 février paru sur le site BUSINESSTECH. Il concerne la grande emprise militaire de Thaba Tshwane, autrefois connue sous le nom de Voortrekkerhoogte, créée en 1905 près de Pretoria. Selon l’article, « en mars et avril 2025, le Comité permanent mixte de la défense (CPMD) a effectué une visite de contrôle conjointe dans certains quartiers de Thaba Tshwane. Il était accompagné de membres du Comité parlementaire de la défense et des anciens combattants. Les inspecteurs et les parlementaires ont pu constater des négligences graves, une mauvaise gestion et un entretien inexistant des infrastructures et des logements militaires. Ils ont aussi relevé des problèmes d’occupation illégale, de sous-location et de mauvaises conditions de vie dans les quartiers de vie de troupes. »
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