11,5 tonnes de cocaïne interceptées en Polynésie : le Tavini Huiraatira critique la méthode de destruction
Depuis le début de l’année, 11,5 tonnes de cocaïne ont été saisies au large des eaux polynésiennes, dont cinq tonnes détruites en mer début janvier. Si les autorités françaises assurent que ces opérations sont légales et sécurisées, le parti Tavini Huiraatira dénonce une pollution des eaux et réclame un droit de regard polynésien sur toute intervention dans la zone économique exclusive.
Depuis le début de l’année, 11,5 tonnes de cocaïne ont été saisies au large des eaux polynésiennes, pour une valeur estimée à plus de 260 milliards de francs. Selon les autorités, la drogue était destinée à des marchés extérieurs à la Polynésie.
Le 16 janvier, Polynésie La 1ère rapportait la destruction en mer de cinq tonnes de cocaïne saisies sur un navire suspect togolais, au nord de Bora Bora. Cette opération constitue l’une des plus importantes saisies jamais enregistrées dans la zone maritime française. Le Haut-commissariat assure que la procédure d’immersion est "régulièrement utilisée par les services de lutte contre le trafic de stupéfiants dans le monde ."
Mais cette méthode a suscité la réaction du parti Tavini Huiraatira. Dans un communiqué, le mouvement dénonce une pollution des eaux et les risques pour la faune marine, tout en critiquant l’État français pour avoir utilisé les eaux polynésiennes comme un "déversoir ",sans consulter les autorités locales ni réaliser d’étude d’impact environnemental.
Pour replacer l’affaire dans son cadre légal, la destruction immédiate de stupéfiants en mer est prévue par la Convention de Vienne de 1988, lorsqu’elle est effectuée en zone internationale, avec autorisation du procureur. En revanche, la loi française du 29 avril 1996 impose généralement la saisie et la destruction à terre. D’autant plus qu’en Polynésie française, l’immersion de produits stupéfiants est strictement interdite.
Dans le cas des cinq tonnes de cocaïne, il était bien précisé dans le communiqué du Haut-Commissariat que l’arraisonnement s’est déroulé "en zone maritime de Polynésie française". Contacté pour préciser la zone, le représentant de l’Etat en Polynésie française parle finalement de "haute mer, bien au-delà de la Zone Economique Exclusive."
Pour le Tavini, cette nouvelle affaire illustre la nécessité d’une réponse politique claire et de droits effectifs sur les espaces maritimes. Le parti formule trois revendications principales :
"Notre océan n’est pas une poubelle. La souveraineté ne s’arrête pas aux limites de la terre ferme", conclut le communiqué, soulignant que Papeete, et non Paris, doit décider de ce qui se passe dans les eaux polynésiennes.
Enfin, dans un communiqué publié le 20 février, le Haut-commissariat dénonce la diffusion sur les réseaux sociaux d’une image présentée comme la preuve d’un déversement de cocaïne près des côtes polynésiennes. Selon l’État, il s’agit d’un visuel généré par intelligence artificielle, constitutif d’une « manipulation numérique ».
Les autorités précisent que la drogue, conditionnée en ballots, a été ouverte puis diluée en pleine mer, à près de 400 kilomètres des côtes, en dehors de la ZEE, des zones de pêche et de toute aire marine protégée, tandis que les emballages ont été rapatriés à Papeete pour incinération. Des procès-verbaux attesteraient de la destruction, et le Haut-commissaire se réserve la possibilité de poursuites pour diffusion de fausses nouvelles
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