C'est signé: la France va recevoir les 15,1 milliards d'euros de prêt de l'UE pour acheter des armes dont des missiles et des avions de surveillance
Les acquisitions de missiles anti-aériens Mistral, de missiles antichars MMP ou encore d'avions de surveillance radar GlobalEye auprès de la Suède ont vocation à en bénéficier.
La France et la Commission européenne ont signé mercredi un accord de prêt de 15,1 milliards d'euros en faveur de Paris pour le financement d'achats d'armements conjoints, dans le cadre du programme européen Safe de soutien au réarmement en Europe.
L'accord a été formalisé lors d'une cérémonie en marge du salon de la défense Eurosatory, près de Paris, par les ministres français de l'Économie et des Armées, Roland Lescure et Catherine Vautrin, et les commissaires européens au Budget et à la Défense, Piotr Serafin et Andrius Kubilius, a constaté un journaliste de l'AFP.
Pour rappel, il s'agit d'un prêt et non d'une subvention. La Commission européenne emprunte sur les marchés financiers en bénéficiant de sa très bonne signature de crédit, puis elle prête cet argent aux États qui en font la demande. La France recevra donc jusqu'à 15,1 milliards d'euros, mais devra les rembourser intégralement, avec des conditions généralement plus avantageuses que si elle empruntait seule pour certains programmes.
Pour le commissaire européen au Budget, c'est "une étape importante dans la construction d'une Europe capable de prendre davantage en charge son destin".
"Il y a encore quatre ans, l'idée d'un effort financier européen commun pour le domaine de la défense demeurait largement minoritaire. Dans la pratique, elle était principalement portée par la France. Aujourd'hui, cette vision est devenue une réalité politique européenne", a-t-il salué.
Les 15,1 milliards d'euros de prêt attribués à la France permettront de financer 29 projets du ministère des Armées et six autres dans le domaine de la recherche et du spatial, a précisé Catherine Vautrin.
"Cet argent va servir à créer de la croissance et de la valeur sur nos territoires", a-t-elle affirmé, rappelant que l'industrie de défense représentait 240.000 emplois en France.
Parmi les projets français susceptibles d'être financés par les 15,1 milliards d'euros du programme Safe figurent déjà plusieurs capacités identifiées par le gouvernement. Les acquisitions de missiles sol-air Mistral 3destinés à renforcer la défense aérienne à courte portée, ainsi que les missiles antichars Akeron MP (anciennement MMP), font partie des exemples explicitement cités.
L'Akeron MP, développé par MBDA, est aujourd'hui le principal missile antichar de l'armée française et équipe à la fois l'infanterie et certains véhicules de combat. Ces programmes répondent à l'objectif européen d'augmenter rapidement les stocks de munitions et de renforcer les capacités de défense terrestre face aux menaces actuelles.
La France a également indiqué que l'achat d'avions de surveillance radar GlobalEye, développés par Saab en Suède, pourrait bénéficier du mécanisme Safe. Ces appareils permettent de détecter et suivre à longue distance des aéronefs, navires ou missiles et renforcent les capacités de renseignement et d'alerte avancée.
Par ailleurs, les six projets annoncés dans les domaines de la recherche et du spatial devraient s'inscrire dans les priorités européennes actuelles: surveillance, communications sécurisées, drones, lutte anti-drones et systèmes spatiaux militaires. Les thématiques mises en avant à Eurosatory 2026 montrent d'ailleurs que ces domaines figurent désormais parmi les axes majeurs du réarmement européen.
L'instrument Safe (Security Action for Europe) vise ainsi à aider les États membres de l'UE à accroître rapidement leurs investissements dans le domaine de la défense au moyen d'acquisitions conjointes.
Le programme est doté de 150 milliards d'euros au total, alloués en faveur de 19 pays de l'UE, intéressés par les conditions favorables de remboursement. Le principal pays emprunteur est la Pologne (43,7 milliards), suivis de la Roumanie (16,7) et de la France.
Pour être éligible, un achat conjoint entre pays doit concerner des produits dont au moins 65% des coûts des composants proviennent de pays de l'UE, d'Ukraine, de Norvège ou du Canada.
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