L’ONU érige le "Soin" en nouvelle infrastructure du développement mondial
La clôture de la 64ème session de la Commission du développement social des Nations Unies marque un tournant historique. Du 4 au 10 février, les débats ont délaissé l'abstraction pour redéfinir le "care" (le soin et la prise en charge) non plus comme une charge budgétaire, mais comme le pilier central d'une nouvelle économie mondiale.
Le premier grand basculement a été conceptuel. Sous l'impulsion d'experts comme José Antonio Ocampo et de la délégation chinoise, la Commission a acté que la pauvreté ne se résume pas à un manque d'argent.
La journée du 5 février a mis en lumière une crise structurelle : l'épuisement des solidarités familiales traditionnelles.
"L'économie mondiale repose sur un travail invisible, subventionné par le temps non rémunéré des femmes."
En Jamaïque et en Amérique latine, le vieillissement de la population sature les réseaux informels. La Commission avertit : sans une intervention massive de l'État pour professionnaliser et financer les services de soin, les inégalités sociales vont exploser, pénalisant les foyers les plus modestes qui ne peuvent déléguer ces tâches au secteur privé.
L'un des moments forts de la session fut l'intervention de Violet Shivut (Kenya). Elle a rappelé que dans le Sud global, ce sont les réseaux communautaires qui pallient les carences des systèmes de santé officiels.
Le 10 février, l'adoption des résolutions finales a révélé les fractures idéologiques du multilatéralisme actuel :
| Bloc | Position |
| Souverainistes (Iran, Russie, Saint-Siège) | Vision biologique du genre et primauté des valeurs nationales/religieuses. |
| Progressistes (Suisse, Canada, Mexique, UK) | Accent sur l'intersectionnalité (discriminations croisées liées à l'âge, l'ethnie, le handicap). |
Malgré ces frictions, les engagements de Doha sont désormais ancrés dans le cadre officiel de l'ONU, prouvant que le développement social est devenu un terrain d'influence géopolitique majeur.
Le Nigeria s'est distingué en proposant une "feuille de route pragmatique" pour l'Afrique, liant les droits humains à une coordination intersectorielle totale (santé, droit, économie).
Cap sur la 65e session :
Le flambeau passe désormais au Portugal (Stefano Guerra). La prochaine thématique sera consacrée aux approches intergénérationnelles, avec une urgence réaffirmée : la résilience économique mondiale dépendra de notre capacité à ne laisser aucun pays sur le bord du chemin.
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