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Tunisie : Le pays sous les eaux, le bilan humain et matériel s'alourdit

Auteur: Ivoirematin

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Tunisie : Le pays sous les eaux, le bilan humain et matériel s'alourdit

Après trois jours de pluies diluviennes (du 18 au 20 janvier), la Tunisie panse ses plaies dans un paysage de désolation. Si ces précipitations étaient attendues pour rompre des années de sécheresse, elles ont tourné au drame, révélant la fragilité critique des infrastructures nationales.

Un lourd bilan humain

Le passage des intempéries a été meurtrier. Au moins cinq décès ont été recensés, principalement à Moknine (Monastir) et Nabeul. Parmi les victimes, on déplore l'électrocution d'un habitant de La Goulette alors qu'il tentait de protéger son domicile de la montée des eaux.

En mer, le bilan pourrait s'alourdir : sur les cinq membres d'équipage d'un bateau de pêche ayant fait naufrage, un seul a survécu en nageant jusqu'à une île proche. Quatre pêcheurs sont toujours portés disparus.

Un pays à l'arrêt : le chaos logistique

Mercredi 21 janvier, la vie quotidienne restait largement paralysée, particulièrement dans la banlieue nord de Tunis :

  1. Transports : La moitié du réseau public est à l'arrêt. À La Marsa ou à La Goulette, les salariés se déplacent à pied, au péril de leur sécurité, sur des routes privées d'éclairage public.
  2. Commerces : Seuls quelques rares établissements restent ouverts. Les employés, bloqués par des temps de trajet triplés, assurent des gardes prolongées pour pallier l'absence de leurs collègues.
  3. Précarité : Pour les plus fragiles, comme les collecteurs de plastique (« berbecha »), l'arrêt n'est pas une option. Malgré le danger, certains parcourent des dizaines de kilomètres sous la pluie pour assurer leur survie quotidienne.

La colère gronde : infrastructures et gestion politique en cause

Si la solidarité citoyenne et le travail des pompiers sont salués, l'indignation grandit face à l'inertie des autorités.

« Cela fait des années que le problème d'évacuation existe. Les projets d'aménagement ont été stoppés après la dissolution des conseils municipaux en 2023. L'État n'a assuré aucun suivi », dénonce Makram, un habitant de La Goulette.

Sur les réseaux sociaux, les citoyens pointent du doigt plusieurs facteurs aggravants :

  1. Vétusté des réseaux : Des systèmes d'assainissement incapables d'absorber les fortes crues.
  2. Manque d'entretien : L'accumulation de déchets et de gravats de chantiers illégaux qui obstruent les bouches d'égout.
  3. Urbanisation anarchique : Une expansion urbaine qui ne respecte plus les zones d'écoulement naturel.

Réponse officielle et risques persistants

Face à l'urgence, l'armée a été déployée en renfort de la Protection Civile pour des opérations de pompage et de secours. Le président Kaïs Saïed s'est rendu à Ben Arous et Nabeul pour constater l'ampleur des dégâts.

La vigilance reste toutefois de mise : les autorités craignent de nouveaux débordements d'oueds, les sols étant désormais saturés d'eau alors que des précipitations résiduelles sont encore attendues.

Auteur: Ivoirematin
Publié le: Jeudi 22 Janvier 2026

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