Un gendarme porte plainte pour harcèlement après « six années de racisme » au sein de la garde républicaine
Le militaire de 29 ans a porté plainte pour harcèlement moral et diffamation non publique après avoir reçu une lettre anonyme aux propos racistes. Une enquête est en cours à Paris.
Une enquête est en cours à Paris à la suite de la plainte d’un gendarme qui dénonce un « harcèlement raciste » au sein de la garde républicaine, a confirmé la gendarmerie nationale auprès de l’Agence France-Presse (AFP), dimanche 5 avril.
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Le militaire, âgé de 29 ans, a déposé plainte le 17 décembre, notamment pour harcèlement moral et diffamation non publique. Il a été entendu le 21 janvier, a fait savoir une source proche du dossier à l’AFP.
Le 16 décembre, Ryan (le prénom a été modifié) avait reçu un courrier dans sa boîte aux lettres. « On est en France ici habille-toi comme tel sale bougnoule », y était-il écrit, faisant référence à une tenue traditionnelle algérienne que Ryan avait portée pour un mariage, en dehors de ses heures de service. Cette lettre l’a poussé à saisir la justice pour dénoncer « six années de racisme », a-t-il raconté à l’AFP et à Mediapart.
Ryan se souvient de son « premier rendez-vous » avec son commandant. « Je n’ai pas su si je venais de vivre un sketch ou si vraiment j’allais subir ça dans les prochaines années de ma carrière », raconte-t-il. Le commandant lui lance, d’après ses souvenirs : « J’ai pas envie de te voir en djellaba dans la caserne » ; « Tu me tombes pas dans les bras pendant le ramadan. » Et de lui livrer un conseil « amical » : « Je vais te demander de te faire très petit et de t’acclimater. »
Le « sketch » s’est vite mué en « suspicion permanente », affirme Ryan. Après l’interpellation d’un assaillant, il raconte que ses collègues lui ont demandé s’il le connaissait « parce qu’il parlait arabe ». « Mes visiteurs étaient contrôlés comme des délinquants », affirme-t-il aussi.
« Servir la France pendant toutes ces années n’a pas protégé mon client du racisme au sein même de son institution. Si le racisme frappe jusque-là, il frappe partout », s’est indigné son avocat, Seydi Ba.
Contactée, la gendarmerie nationale a rappelé avoir mis en place un plan d’action « tolérance zéro » en interne vis-à-vis des comportements discriminatoires, et développé un « réseau de prévention et d’accompagnement avec des référents égalité-diversité ainsi que des plateformes et dispositifs de signalement ».
Elle a aussi mis en place « un observatoire de la gendarmerie pour l’égalité et contre les discriminations [OGED], qui recouvre l’égalité professionnelle, la diversité et la lutte contre les harcèlements, les discriminations et les violences, tant dans le domaine interne que dans le cadre de ses missions de sécurité au contact de la population ». La gendarmerie affirme aussi que « les signalements sont immédiatement traités ».
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