Jean Pierre Raffarin, Ancien Premier ministre français: " Amadou Gon Coulibaly reste l’exemple d’un exceptionnel homme d’Etat »

  • Source: : Web-News | Le 09 janvier, 2021 à 13:01:28 | Lu 1314 fois | 0 Commentaires
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Jean Pierre Raffarin, Ancien Premier ministre français: " Amadou Gon Coulibaly reste l’exemple d’un exceptionnel homme d’Etat »

« Permettez-moi Excellence Monsieur le Président de la République de vous dire combien mon pays a beaucoup de respect pour vous, pour l’homme de devoir que vous êtes et aussi pour les résultats de vos actions à la tête de la Côte d’Ivoire.

Chers amis, créer une école, c’est semer de la liberté. C’est l’une des plus belles choses que la politique puisse faire. Et c’est heureux que cette initiative ait lieu à Abidjan en Côte d’Ivoire. Ici, nous sommes dans une des étoiles de l’Afrique. Certes pour ce projet, il fallait une figure tutélaire et Amadou Gon Coulibaly reste l’exemple d’un exceptionnel homme d’Etat, même après sa disparition tragique. Disparition douloureuse pour beaucoup d’entre vous et je le sais. Retenons ses directives, ses valeurs et retenons ce que nous pourrions appeler ses points cardinaux qui sont au nombre de quatre : Le cap, la perspective, les moyens et le comportement.

LE CAP, c’est le désintéressement. La politique, c’est d’abord et avant tout le service des autres. Ne l’oublions jamais, ministre signifie serviteur. Ce cap est essentiel dans l’engagement politique. LA PERSPECTIVE, c’est le long terme. C’est la vision, c’est la sagesse de vouloir toujours faire du temps un allié. Un philosophe a dit « quand l’immédiat dévore, l’esprit dérive le long terme». Les MOYENS pour Amadou Gon Coulibaly, c’est d’abord et avant tout le travail. Seul le travail permet l’action. Le travail est une ambition collective, c’est aussi une discipline personnelle. Enfin le COMPORTEMENT, c’est cette humilité dont on a parlée. Pourquoi l’humilité est-elle si importante en politique ? Elle est importante parce que l’humilité, c’est la porte de l’écoute. L’arrogance n’est que mépris pour l’autre. Et pour pouvoir écouter l’autre, le comprendre et s’en inspirer, il faut suffisamment être humble. Dans ces vertus que sont l’humilité, le travail et le service, il y a une bonne part de l’héritage d’Amadou Gon Coulibaly que l’institut de formation politique pourra fructifier.

Chers amis, je suis ici pour m’engager comme partenaire de cette initiative en tant que président de l’ONG Leaders pour la paix. Dans cette ONG, nous sommes 40 personnalités dont la moitié est constituée de chefs d’Etats et de gouvernements qui ont exercé des responsabilités et qui, aujourd’hui, sont libres. Ils sont libres, mais ils ont l’expérience des difficultés et ils ont la sagesse de cette expérience-là. Ils veulent contribuer par des initiatives de liberté à promouvoir des initiatives de paix et notamment une pédagogie de la paix. Et c’est ce que nous voulons faire aujourd’hui parce que partout dans le monde vous voyez des écoles de guerre très sophistiquées avec des enseignants de qualité et de la haute technologie. On voit donc des écoles de guerre, mais on voit peu des écoles de paix. L’institut de formation politique est donc une initiative importante et nécessaire et c’est pourquoi nous sommes ici en Côte d’Ivoire afin de participer aux activités de cet institut qui sera en quelque sorte une école de paix. 


Avec le ministre Mamadou Touré, nous avons travaillé à un partenariat qui mènera à des séminaires pédagogiques sur le leadership, la négociation et le dialogue, sur l’analyse de la violence et sur les relations internationales. Nous organiserons des forums internationaux par visioconférence pour creuser et travailler la place de la société civile dans la construction de la paix. Et aussi le rôle des jeunes et des femmes par la médiation et dans toutes les initiatives essentielles du dialogue. C’est cette œuvre de paix qu’il nous faut bâtir. 


Pour les meilleurs étudiants, nous proposons une expérience internationale au cours d’une mission sur un autre continent pour leur permettre de construire des réseaux internationaux personnels. Un jeune leader politique d’aujourd’hui a besoin de réseau et de contacts, d’échanges avec des gens qui pensent différemment, de nouer avec d’autres cultures. A cet égard, il faut donner aux jeunes leaders cette capacité d’avoir des réseaux internationaux. Et nous voulons y travailler avec l’Institut de formation politique Amadou Gon Coulibaly.


 Ceci fait partie de l’engagement que nous prenons auprès de vous pour la paix. Un engagement pour la paix contre la violence. C’est mon message principal aux jeunes d’aujourd’hui et aux jeunes ivoiriens. La violence est une impasse. La violence ne conduit qu’à la violence. Aujourd’hui, la violence n’est pas un problème de tel ou tel pays. Tous les problèmes et toutes les sociétés d’aujourd’hui sont dévorés par une progression de la violence. Et nous sommes fragilisés par ce qui apparaît comme une légitimation de la violence. Je me souviens, il y a peu de temps, dans une rue à Paris, je voyais deux jeunes habillés en jaune, vous voyez ce que je veux dire, qui mettaient le feu à une banque. C’était irresponsable et c’était coupable. Mais le plus grave, c’était les 2000 personnes qui étaient à côté et qui applaudissaient. 


C’est cette légitimation de la violence que nous voulons combattre. La violence ne conduit qu’à la riposte et qu’à la spirale de la violence. Il faut combattre ce fléau parce qu’il peut atteindre ce qui était pour beaucoup le temple de la liberté, c’est-à-dire le Capitole, à Washington. La violence ne mène nulle part et elle est l’ennemi de la civilisation, elle bloque le progrès et elle créée des misères. La violence est un ennemi coriace parce qu’elle s’appuie quelques fois sur des comportements non réfléchis, primaires et sommaires et aussi par la brutalité. 

Et on le voit déjà. Cette brutalité se répand quelques fois dans des propos de leaders et souvent sur les réseaux sociaux. Cette autre forme de brutalité est aussi à combattre parce qu’elle participe à cette violence. La première dignité d’un responsable politique et d’un jeune militant politique, c’est de se tenir lui-même un langage de conviction, mais aussi de respect. La brutalité est le début de la violence. La violence et la guerre sont des sœurs jumelles parce que l’une et l’autre s’appuie sur la négation de l’autre. Il est donc très important que nous menions ce combat ensemble. Pour cela, il faut travailler car la paix ne tombe pas ciel. La paix, c’est un travail, c’est un effort, la paix c’est une préparation. 


Le président Félix Houphouët Boigny disait que la paix, ce n’est pas un mot, c’est un comportement. Il faut apprivoiser ce comportement, il faut le travailler et il faut y être attentif et chercher à s’y améliorer. C’est donc un travail qui nous attend tous et c’est pourquoi je suis honoré de participer à cet effort collectif pour promouvoir la paix. Monsieur le Président de la République, je sais combien de fois l’esprit de paix est important pour vous.


 Sachez que c’est un honneur pour nous et aussi une détermination de mener ce combat à vos côtés, aux côtés de l’Institut de formation politique Amadou Gon Coulibaly et aux côtés de la Côte d’Ivoire, je vous remercie ».

Auteur: Abidjan.net - Web-News


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