Gabon : TikTok tente une opération séduction pour lever la censure
Depuis le 17 février dernier, le paysage numérique gabonais est amputé de ses principaux réseaux sociaux. Face à cette suspension stricte imposée par la Haute Autorité de la communication (HAC), les dirigeants de TikTok ont choisi la voie de la diplomatie directe. Une délégation de la plateforme chinoise est attendue à Libreville pour tenter de fléchir les autorités.
Le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, reste inflexible. Officiellement, la HAC justifie ce blocage par la prolifération de contenus jugés « haineux et attentatoires à la sécurité nationale ».
Cependant, le calendrier interroge : cette mesure intervient en plein climat de grogne sociale, alors que le corps enseignant tente de se mobiliser. Si l'accès à internet global demeure, le silence imposé sur les réseaux sociaux ressemble, pour beaucoup, à une stratégie de musellement politique.
Plutôt que de dénoncer une atteinte à la liberté d'expression, TikTok adopte une posture conciliante. Dans un courrier adressé à Germain Ngoyo Moussavou (président de la HAC), Nshingu Kazadi, responsable de la plateforme pour l'Afrique francophone, a multiplié les gages de bonne volonté :
L'enjeu : Transformer le régulateur en partenaire de modération pour obtenir la réouverture du service.
Au-delà de l'aspect politique, le coût financier de ce "black-out" commence à peser. Le manque à gagner pour les opérateurs (Moov Africa, Airtel, CanalBox) est estimé à environ 50 millions de FCFA par jour.
Si les négociations de TikTok aboutissent, elles pourraient créer un précédent pour le retour de YouTube et Facebook, également impactés par cette mesure radicale.
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