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Tchad : L’école sacrifiée sur l'autel de l'inaction

Auteur: Ivoirematin

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Tchad : L’école sacrifiée sur l'autel de l'inaction

Le scénario est devenu une triste routine nationale : des salles de classe désertes, des tableaux noirs qui restent vierges et une jeunesse dont l'avenir s'évapore au rythme des jours de grève. Au Tchad, le conflit social entre les enseignants et l'État n'est plus une simple crise passagère, c'est l'agonie d'un système éducatif à bout de souffle.

Un diagnostic alarmant : l'école en soins intensifs

L'école tchadienne ne tient plus qu'à un fil. Derrière les revendications salariales se cache un délabrement structurel profond :

  1. Infrastructures fantômes : Dans les zones rurales, l'école buissonnière n'est pas un choix, c'est une réalité matérielle. Faute de bâtiments, les cours se donnent sous les arbres, sans bancs ni fournitures de base.
  2. Pénurie de personnel : Le manque de professeurs est criant. Ceux qui restent, souvent peu formés et sous-payés, exercent dans des conditions qui frôlent l'héroïsme ou le désespoir.

Un mouvement syndical entre divisions et répression

Le front social, censé porter la voix des enseignants, peine à s'unifier. Le paysage syndical, morcelé, perd de son influence face à un pouvoir de plus en plus ferme.

La tension a franchi un seuil critique avec l'incarcération du président du Syndicat des Enseignants Indépendants. Cet événement a transformé une lutte pour des conditions de travail en un affrontement politique majeur, illustrant une volonté manifeste d'étouffer la contestation plutôt que de l'entendre.

La stratégie de la force contre le dialogue

L'heure n'est plus à la négociation, mais à l'affrontement direct. Face aux grévistes, le gouvernement a dégainé l'arme économique : la suspension des salaires.

Note : Bien que le droit de grève soit sanctuarisé par la Constitution tchadienne, cette mesure prive les enseignants de leurs moyens de subsistance, radicalisant davantage les positions.

On assiste aujourd'hui à un véritable dialogue de sourds où l'autorité de l'État s'exerce par la sanction plutôt que par la proposition.

Le prix d'une génération sacrifiée

Dans ce bras de fer, qui sont les véritables perdants ?

  1. Les élèves : Otages d'un conflit qui les dépasse, ils voient leur droit à l'instruction bafoué.
  2. Les enseignants : Déchirés entre la défense de leur dignité et la survie financière de leur foyer.
  3. La nation : En laissant pourrir la situation, le pays hypothèque son propre développement.

L’inaction et le mépris sont les véritables maux qui rongent l’éducation. Si le gouvernement, garant de l'avenir du pays, ne change pas de posture, ce n'est pas seulement une "année blanche" qui menace le Tchad, mais le sacrifice pur et simple d'une génération entière.

Auteur: Ivoirematin
Publié le: Mercredi 25 Février 2026

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