Bénin : 50 journalistes se mobilisent pour exiger la libération de Hugues Comlan Sossoukpè
Un an après son arrestation, le sort du journaliste béninois Hugues Comlan Sossoukpè suscite une vague d'indignation régionale. Le 10 juillet 2026, un collectif de cinquante journalistes d'Afrique de l'Ouest a publié une tribune dans Jeune Afrique pour réclamer sa libération immédiate, ainsi que celle de son confrère Ali Moumouni.
Cette initiative, coordonnée par Reporters sans frontières (RSF), transcende les frontières et les clivages politiques. À travers cet appel solennel, les signataires rappellent aux autorités béninoises que la liberté d'informer ne peut être sacrifiée au nom de la raison d'État. Ils dénoncent une détention prolongée et sans procès, qu'ils considèrent comme une tache sur l'image démocratique du Bénin.
L'affaire remonte au 10 juillet 2025. Hugues Comlan Sossoukpè, fondateur du média en ligne Olofofo, est interpellé à Abidjan avant d'être transféré clandestinement vers le Bénin par avion privé. Depuis, il y est incarcéré dans des conditions dont la légalité est fortement contestée.
Les circonstances de son arrestation continuent de scandaliser les organisations de défense des droits humains. Jeanne Lagarde, responsable du plaidoyer pour l'Afrique subsaharienne chez RSF, qualifie l'opération d'« enlèvement pur et simple » et de « détention arbitraire ». Le dossier est d'autant plus sensible que le journaliste bénéficiait du statut de réfugié au Togo et s'était rendu en Côte d'Ivoire sur invitation expresse des autorités ivoiriennes.
L'absence totale de procédure d'extradition régulière constitue le principal grief des contestataires. Privé de ses droits fondamentaux lors de son transfert, le journaliste se retrouve détenu sans base légale — un vide juridique que la justice béninoise, interpellée par les ONG, est pressée de combler en urgence.
La mobilisation de ces cinquante professionnels des médias témoigne d'une prise de conscience collective face aux dérives qui menacent le journalisme dans la sous-région. Par cette tribune, ils envoient un message clair : l'arbitraire ne sera pas toléré.
Cette action s'intègre dans une offensive juridique plus large menée par RSF, qui a officiellement saisi la Cour de justice de la Cédéao. L'objectif est double :
Reconnu pour sa couverture critique des élections législatives béninoises de 2019, Hugues Comlan Sossoukpè paie-t-il le prix de son indépendance ? Si les autorités gardent le silence, la lenteur de la justice béninoise, un an après les faits, alimente tous les soupçons sur la volonté réelle du pouvoir d'offrir un procès équitable.
Les signataires de la tribune exigent que toute la lumière soit faite et que le journaliste soit relâché. Longtemps perçu comme un modèle démocratique en Afrique de l'Ouest, le Bénin est aujourd'hui face à ses responsabilités et à ses propres principes.
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