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Hausse de la xénophobie en Afrique du Sud : qui orchestre les manifestations anti-migrants ?

Auteur: ivoirematin

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Hausse de la xénophobie en Afrique du Sud : qui orchestre les manifestations anti-migrants ?

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Des milliers de Sud-Africains ont manifesté le 30 juin contre l'immigration illégale, avec un niveau d'organisation inédit mené par des groupes comme Opération Dudula et March and March. - Les discours populistes accusant les migrants de voler emplois et aides sociales sont infondés, car ils occupent surtout des emplois précaires dans le secteur informel. - Ces mouvements disposent de financements opaques et de soutiens politiques, notamment du MK Party et d'ActionSA, et utilisent la xénophobie comme levier électoral pour les municipales de 2026.
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Le mardi 30 juin, des milliers de Sud-Africains sont descendus dans les rues des grandes métropoles du pays (Johannesburg, Pretoria, Durban) pour protester contre l'immigration illégale. Si l’Afrique du Sud est en proie à des vagues de violences xénophobes depuis plus de deux décennies — la plus meurtrière ayant fait une soixantaine de morts en 2008 —, la mobilisation actuelle se distingue par un niveau d'organisation et de structuration inédit. Les collectifs anti-migrants ont d'ailleurs lancé un ultimatum exigeant le départ immédiat des étrangers en situation irrégulière.

Les figures de proue de la contestation

Derrière ces mobilisations d'envergure nationale se cachent plusieurs structures de la société civile, aujourd'hui muées en acteurs politiques :

  1. Opération Dudula : Né dans le township de Soweto entre 2021 et 2022, ce mouvement s'est illustré en 2025 en bloquant par la force l'accès des étrangers aux écoles et aux hôpitaux. Désormais transformé en parti politique sous la direction de Zandile Dabula, le groupe utilise des méthodes paramilitaires. Il s'est historiquement développé dans le sillage de l'ancien maire de Johannesburg, Herman Mashaba, connu pour sa rhétorique visant à « nettoyer » la ville des clandestins.
  2. March and March : Devenu l'un des principaux moteurs des récentes manifestations, ce mouvement est dirigé par Jacinta Ngobese Zuma, une ancienne animatrice radio. Initialement ancré dans la province du KwaZulu-Natal, le collectif a rapidement étendu son influence à l'échelle nationale.
  3. Nkosikhona Ndabandaba : Se présentant comme un chef traditionnel zoulou à la tête d'un « régiment », il défile en tenue de guerrier et prône le « nettoyage » du centre historique de la monarchie zouloue.

Un discours populiste déconnecté des réalités

Officiellement, ces organisations focalisent leurs critiques sur l'immigration clandestine. Sur une population de 60 millions d'habitants, l'Afrique du Sud compte environ 3 millions d'étrangers, venus principalement des pays limitrophes (Zimbabwe, Mozambique, Malawi).

Cependant, selon Cécile Perrot, chercheuse à l'université de Rennes II, les chiffres réels font l'objet de fantasmes et d'estimations abusives allant de 4 à 15 millions d'individus. Les accusations selon lesquelles les migrants « voleraient » les emplois locaux ou s'accapareraient les aides sociales s'avèrent infondées. En réalité, ces populations occupent majoritairement des emplois précaires dans le secteur informel (petits commerces, services à la personne). De plus, sur le terrain, les militants agressent les étrangers de manière indiscriminée, sans distinction de statut légal.

Des moyens financiers opaques et des soutiens politiques

Loin d'être de simples rassemblements spontanés de citoyens précaires, ces mouvements disposent de ressources financières considérables permettant de financer des bus, des t-shirts de propagande, des campagnes télévisées et des conférences de presse. Bien qu'ils affichent des campagnes de dons en ligne, les experts pointent du doigt des sources de financement bien plus institutionnelles.

Loren Landau, chercheur à l'université de Wits, affirme que ces structures bénéficient d'appuis financiers extérieurs dissimulés. Plusieurs formations politiques majeures ont affiché publiquement leur soutien à ces manifestations :

  1. Le MK Party (Umkhonto we Sizwe) de l'ancien président Jacob Zuma (soupçonné de financer directement le mouvement March and March).
  2. ActionSA d'Herman Mashaba.
  3. L'Inkatha Freedom Party (IFP) de Velenkosini Hlabisa.

L'immigration comme tremplin électoral pour les municipales de 2026

Les vagues de violences xénophobes en Afrique du Sud ont rarement été fortuites. Si elles étaient autrefois orchestrées par des leaders locaux pour asseoir leur influence dans les quartiers, ce phénomène s'est désormais transposé à l'échelle nationale.

Pour les spécialistes, le calendrier de cette soudaine ferveur anti-migrants n'a rien du hasard. À l'approche des élections municipales de novembre 2026, ces organisations utilisent la peur de l'étranger pour se positionner sur l'échiquier politique. Comme le souligne la chercheuse Liesl Low Vaudran, la question migratoire reste un levier de mobilisation électorale extrêmement efficace en Afrique du Sud. Sans proposer de réelles solutions de fond, ces mouvements font la démonstration de leur force populaire dans la rue afin de faire pression sur le gouvernement et négocier du pouvoir politique.

Auteur: ivoirematin
Publié le: Jeudi 02 Juillet 2026

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