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Horreur à El-Fasher : le témoignage d'un survivant forcé de creuser des fosses communes

Auteur: Ivoirematin

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Horreur à El-Fasher : le témoignage d'un survivant forcé de creuser des fosses communes

Trois mois après la chute d'El-Fasher aux mains des Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemedti, le voile se lève sur l'ampleur des massacres perpétrés au Darfour. Entre imagerie satellite et récits de rescapés, les preuves d'exécutions de masse s'accumulent.

Un quotidien de fossoyeur forcé

Ibrahim, 63 ans, fait partie de ceux qui ont vécu l'enfer de l'intérieur. Capturé le 26 octobre 2025 alors qu'il tentait de fuir, il est détenu dans l'ancien hôpital pédiatrique, transformé en prison. Son quotidien devient alors macabre : ramasser les morts qui jonchent la ville.

  1. Le mode opératoire : Des équipes de 10 à 50 détenus chargeaient les corps dans des bâches, puis dans des camions.
  2. Les victimes : Ibrahim rapporte avoir enterré des hommes, mais aussi de nombreuses femmes et des enfants.
  3. Le rythme : Jusqu'à 400 corps par jour étaient jetés dans des fosses communes, avant d'être recouverts par des pelleteuses.
« C'était comme une scène du jugement dernier », confie-t-il, décrivant des rues si encombrées de cadavres que les véhicules paramilitaires roulaient parfois sur les restes humains.

La preuve par l'image et le terrain

Les chercheurs de l’université de Yale confirment ce récit. Grâce à l'analyse d'images satellites, ils ont identifié plus de 130 charniers à l’intérieur et autour de la ville. L'objectif des FSR semble clair : effacer les preuves des massacres à grande échelle.

Les principaux sites identifiés par les survivants :

  1. À 500 mètres à l'est de la prison de Shalla.
  2. Aux abords de la route de Garni et de la porte de Melit.
  3. Dans l'enceinte de l'hôpital de l'Unicef et du Saudi Hospital.

Une liberté au prix fort

Le calvaire d'Ibrahim a pris fin après 22 jours, non par humanité, mais contre une rançon. Sa famille a dû verser 10 000 dollars pour obtenir sa libération.

Pour les autres, le sort était plus sombre :

  1. Exécutions : Ceux dont les proches ne payaient pas étaient abattus.
  2. Conditions sanitaires : Beaucoup succombaient à la déshydratation ou aux maladies liées à l'eau insalubre.

Vers une justice internationale ?

Le témoignage d'Ibrahim a été recueilli par le Darfur Emergency Committee. Cette organisation de la diaspora soudanaise documente ces crimes dans l'espoir de saisir un jour la justice internationale.

Altahir Hashim, volontaire sur le terrain, confirme que le récit d'Ibrahim n'est pas isolé : une trentaine d'autres rescapés décrivent, de manière concordante, la même systématisation de l'horreur et l'emplacement des mêmes fosses communes.

Auteur: Ivoirematin
Publié le: Lundi 09 Février 2026

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